3
2 critiques
Claqué au sol
J'ai vu la bande annonce quelques jours avant sa sortie, j'étais très hypé par la proposition d'un film irano/israélien. Je me dis que c'est peut-être la première fois qu'on assiste à un featuring...
le 16 sept. 2024
Réalisé par Guy Nattiv et Zar Amir Ebrahimi, Tatami mêle tension politique et drame intime dans un combat chorégraphiée sur un tatami. En suivant le parcours d'une judokate iranienne contrainte de se plier aux diktats d'un régime autoritaire, le film dépasse la surface d'un récit sportif pour devenir une réflexion sur la lutte contre l'oppression.
Sous l'apparente simplicité de son intrigue se cache une œuvre subtilement construite. Tatami ne sacrifie jamais son souffle narratif : il enracine ses dilemmes moraux dans un récit captivant, porté par une tension croissante qui ne relâche jamais son emprise sur le spectateur.
Dès lors, ce microcosme sportif devient le théâtre d’un affrontement bien plus vaste : celui d’une femme contre un système qui instrumentalise son corps et son esprit. À chaque choc, chaque souffle et a chaque parole, la violence d’un régime s’immisce dans l’intime.
Au cœur de cette mise en scène, Zar Amir Ebrahimi incarne avec une intensité rare la douleur, la colère, mais aussi la résilience. Son geste de dévoilement, en plein combat, transcende le sport : en ôtant son voile, elle met à nu une force et une vulnérabilité qui défient l’autorité sous le regard du monde. Ce moment cathartique, amplifie par l’éclat d’un miroir brisé quelques temps plus tôt, devient un cri de révolte, un refus de l’image imposée.
Mais Tatami ne sombre jamais dans le discours manichéen ou moralisateur, il préfère explorer les nuances, notamment à travers l’entraîneur. Tour à tour complice et témoin impuissant, il incarne ces individus broyés par un système qu’ils servent par peur ou résignation, avant de trouver, parfois trop tard, un geste de révolte.
Malgré la défaite, une forme de triomphe s'installe : celle d’une femme qui, même agenouillée, refuse de trahir ses convictions.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Top 10 - Films 2024 et Les meilleurs films de 2024
Créée
le 8 janv. 2025
Critique lue 63 fois
3
2 critiques
J'ai vu la bande annonce quelques jours avant sa sortie, j'étais très hypé par la proposition d'un film irano/israélien. Je me dis que c'est peut-être la première fois qu'on assiste à un featuring...
le 16 sept. 2024
8
2443 critiques
Un film remarquable. Plus encore qu'une description des agissements du régime iranien (fort bien évoqués d'ailleurs), un grand film sur la résistance au sens large : ne pas céder aux pressions, refus...
le 13 sept. 2024
8
89 critiques
Bien que produit aux Etats-Unis et en Géorgie, c'est bien de la république islamique d'Iran et de ses horribles répressions que parle Tatami, qui sort dans les salles françaises un an après sa...
le 4 sept. 2024
8
1032 critiques
Qui est le film ? Bugonia est la transposition par Lanthimos d’un matériau coréen. Le film reprend librement la structure de Save the Green Planet! (2003) et s’en fait une réécriture en anglais. Le...
le 28 sept. 2025
3
1032 critiques
Présenté en compétition à Cannes 2025, The Mastermind marque le retour de Kelly Reichardt après showing up. Avec Josh O’Connor dans le rôle central, le film se glisse dans les plis du « heist movie...
le 10 sept. 2025
8
1032 critiques
Luca Guadagnino s’empare de Queer avec la ferveur d’un archéologue fou, creusant dans la prose de Burroughs pour en extraire la matière brute de son roman. Il flotte sur Queer un air de mélancolie...
le 14 févr. 2025
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème