Il y a des films dont on sait qu’ils ne vont pas révolutionner le genre, et pourtant on reste jusqu’à la fin. C’est ce qui m’est arrivé avec TAU. C’est un thriller de science-fiction modeste, presque théâtral, qui reprend le schéma classique de la personne enfermée qui tente de s’échapper… avec en plus une intelligence artificielle qui contrôle tout. Ce n’est pas brillant, mais ce n’est pas non plus le désastre décrit par certains.
Ce qui fonctionne le mieux, c’est l’idée centrale : moins l’évasion physique que la tentative d’éduquer émotionnellement une machine. Là, le film devient intéressant. Lorsqu’il s’attarde sur la curiosité, la peur ou la conscience de soi à l’intérieur du système, il gagne en profondeur. On sent qu’il veut parler d’identité et d’apprentissage, même s’il ne va pas toujours assez loin.
Le problème surgit lorsque l’intelligence artificielle adopte une naïveté difficile à justifier. À plusieurs moments, il semble trop facile de manipuler quelque chose qui devrait, en théorie, avoir toujours une longueur d’avance. Cela affaiblit la tension. Et dès que le spectateur cesse de croire au danger, le rythme du récit s’en ressent.
Maika Monroe porte le film avec une présence convaincante ; elle transmet la vulnérabilité sans excès. L’antagoniste humain, en revanche, apparaît plus plat qu’il ne devrait, ce qui limite le conflit. Visuellement, le film est bien maîtrisé : design épuré, lumières froides, mise en scène cohérente avec son budget et sans démonstration inutile.
Ce n’est pas une grande œuvre sur l’intelligence artificielle, ni un concurrent des références plus ambitieuses du genre. Mais comme proposition contenue, avec une idée centrale claire et quelques moments de suspense efficaces, il se regarde sans difficulté. Il a ses naïvetés. Il a des solutions discutables. Pourtant, je l’ai terminé sans regret.