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le 23 août 2012
J'ai découvert terminator comme beaucoup de gens de ma génération à la faveur d'une visite à ma vidéothèque préférée. Le film faisait partie des standards de la location et avait déjà acquis une solide réputation de film culte que chaque amateur de SF au cinéma et de films d'action se devait de voir. Du haut de mes neuf ans, j'etais enthousiasmé à l'idee de pouvoir à mon tour poser le regard sur cet objet filmique tant vanté par "les grands", ces types badass d'au moins quatorze ans qui arpentaient les rues de la cité ouvrière qui m'a vue grandir.. J'avais d'autant plus envie de le voir que je voulais leur prouver que je n'étais pas trop jeune pour regarder ce film comme ils aimaient à le répéter.
Après l'avoir regardé, j'ai pu crâner tout mon saoul. J'avais prouvé mon courage, même si je dois avouer que certaines scènes m'avaient impressionnées. Mais pas au point de ne oas revoir le film plusieurs fois par la suite dés sa diffusion sur les différentes chaînes télé.
Terminator a été iinspiré par un cauchemar selon James Cameron. On le suspecte pourtant néanmoins de s'être fortement inspiré de deux épisodes de Outer Limits intitulés "Soldier" et "Demon with a glass hand", écrits tous deux par Harlan Elisson. L'accusation de plagiat sera réglée à l'amiable avec une somme et une reconnaissance du travail d'Elisson sur les futures copies du film.
Une fois cette remarque faite, il faut tout d'abord déclarer que Terminator est une série b ultra efficace. Un film qui enchaîne les scènes d'action sans jamais s'arrêter et qui le fait d'excellente manière. Les scènes de poursuite sont trépidantes et les effets pyrotechniques parfaitement maîtrisés. D'aucun pourront trouver à redire sur les animatroniques de Stan Winston, pourtant très réussies pour l'époque, mais c'est faire fi des contraintes inhérentes à cette période pré-numérique.
Le film donne également un nouveau rôle iconique à Arnold, après celui de Conan , inscrira l'acteur définitivement au rang des grandes figures du film d'action hollyxoodien pour les trois décennies à venir, et lui donnera une réplique tellement culte qu'elle est un peu devenue sa signature comme sa malédiction puisqu'on la lui fait répéter ad nauseam dans le cadre de la franchise comme en dehors dans une sorte de clin d'œil permanent aussi sympa au départ que devenu poussif par la suite.
Pourtant, si plus de 40 ans après sa sortie le film de Cameron sucite toujours autant d'enthousiasme et d'admiration, ce sont pour des raisons qui ne sont pas directement imputables à son action endiablée.
En premier lieu, le film possède une ambiance et un cachet particulier assez unique. C'est un polar néo-noir matiné de technologie avec en son cœur la depiction d'un monde en perdition, courant à sa perte de maniere certaine, auquel on apposera l'épithète de Tech-noir comme le célèbre bar du film.
Ensuite, évidemment pour l'aspect dystopique de son futur entièrement soumit aux machines qui fait encore figure aujourd'hui de mise en garde face à l'I.A . Cet avertissement reste donc résolument moderne et est même plus d'actualité que jamais.
Mais plus encore que ce récit édifiant ayant valeur d'avertissement à l'encontre de l'intelligence artificielle, ce que Terminator souligne, c'est bien à la fois notre dépendance à une technologie qui finira invariablement par nous dominer, voire nous englourir, mais plus encore cette peur que la technologie ruine notre humanité.
Car la lutte au centre de Terminator se fait bien entre deux hommes du futur: l'un qui a su rester humain, et l'autre qui est devenu machine, afin de decider du destiin de l'homme du présent, en l'occurence une femme, seule capable d'accoucher littéralement d'un futur où l'humanité a encore une place. C'est d'ailleurs une scene d'amour se concluant sur deux mains qui se joignent qui fait office de point pivot du film avant d'entamer la fin. Une manière, certes cliché, mais au fond pas si bête, puisqu'on ne cesse de le répéter en tous temps et en tous lieux, de dire que seul l'amour peut nous sauver de notre perte d'humanité? .
Car metaphoriquement, ce Terminator ressemble à un humain, et sa transformation progressive en machine à mesure de la progression du récit, renvoie à la transformation inéluctable de l'homme et de sa société en quelque chose de machinique, et d'inhumain.
Quiconque a baladé son désespoir dans notre monde moderne où la valeur des êtres se mesure désormais à leur utilité, où tout n'est qu'histoire de petits chiffres, où la technologie nous a rendu dépendants et peut-être même prisonniers et esclaves lorsqu'on croyait qu'elle nous libérerait, ne pourra que constater le caractère prophétique, allant bien au-delà de la seule menace I.A, du film de Cameron.
Terminator est donc une vision sombre d'un avenir toujours plus présent, toujours plus proche, dans lequel l'homme devient toujours plus efficace, toujours plus "orienté resultat" et perd sous nos yeux, morceaux après morceaux, la chair qui representait son humanité pour devoiler la machine qu'il est devenu.
C'est sans doute ce combat métaphorique, perdu d'avance de l'homme pour ne pas devenir une machine, mais dans lequel la figure mythique de John Connor représente l'espoir d'une humanité retrouvée, plus encore que sa mise en garde paranoïaque face à l'I.A, qui a fasciné les spectateurs de l'époque et fascine encore ceux qui posent le regard sur le film d'un James Cameron devenu Cassandre annonçant la chute d'une civilisation humaine remplacée petit à petit par une civilisation d'homme-machines.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Réalisateur: James Cameron, Top 10 Arnold Schwarzenegger, Samu-L's essential flying science-fiction movie database, Ces rares films que je sais encore regarder en VF et Top trilogies
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