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le 3 mars 2011
SuivrePrêt pour le frisson ?
Voilà un moment que Clive Barker n'a pas touché à la caméra, pour notre plus grand malheur, mais d'autres se chargent de transposer ses livres et nouvelles au cinéma. C'est donc au tour de Dread, un...
Après le très bon Midnight meat train, Dread marquait la seconde preuve du retour en force de Clive Barker sur les écrans en 2009 ,non pas directement en tant que réalisateur, mais à travers les adaptations de ses écrits.
Dread raconte l'histoire d'une bande d'étudiants qui se lancent dans un projet de fin d'étude traitant de la terreur et des peurs les plus intime. Basé sur des entretiens et des récits d'expériences traumatisantes le film va prendre une tournure plus extrême sous l'impulsion de Quaid, l'instigateur du projet qui décide de donner une nouvelle dimension à cette enquête afin d'explorer et canaliser ses propres frayeurs.
Dread part donc d'un postulat plutôt malin en faisant entrer la notion de terreur dans la sphère du traumatisme intime plutôt que dans des peurs irrationnels de fiction. Ici personne n'a peur des vampires, des croque mitaines, des zombies et des loups garous mais de choses plus tangibles et universelles comme le regard de l'autre, le handicap, la mort d'un proche ou le traumatisme d'une enfance meurtrie. Par ce regard sur la peur le film permet une authentification assez immédiate au propos et aux différents personnage d'autant plus qu'ils sont tous dotés d'une belle part d'humanité et d'émotion. Quiconque regardera Dread se posera fatalement à un moment donné la question de savoir quel est la nature de sa propre terreur personnelle. Dread montre alors à quel point explorer nos peurs c'est mettre à nu nos faiblesse et nos cicatrices et s'exposer alors à un profond désespoir voir à la folie. A ce titre les deux personnages féminins du film sont particulièrement touchants dans leur cheminement et leurs fragilité, de ce fait le sort très cruel et profondément désespéré que leur réserve le film va se révéler particulièrement éprouvant et bouleversant.
Dread est donc une très bonne surprise d'autant plus que le film est formellement très maîtrisé utilisant à bon escient une photographie maladive et une poignée de jeunes comédiens tous très convaincant. Le seul gros problème vient pour moi du personnage de Quaid (Shaun Evans) qui fait trop souvent retomber le film dans un schéma plus classique de film d'horreur. Si Quaid est de loin le personnage qui possède le trauma et la terreur la plus profonde c'est aussi le personnage dont le passé est le plus éloigné de la réalité au point de se poser finalement la question sur la véracité de ce traumatisme qui par sa représentation est purement cinématographique et hérité du slasher. Bizarrement cette figure du tueur à la hache et aux cheveux longs je n'y crois pas trop, comme je vais de plus en plus avoir de mal à croire aux motivations de Quaid à mesure que le film avance et qu'il se transforme en un psychopathe dénué de la moindre émotion envers ses camarades. La peur profonde et viscéralement collée aux tripes de Quaid a t-elle fait sombrer le personnage dans la folie ? Se rassure t-il de ses propres terreurs en observant de manière sadique celle des autres ? Toujours est il que pour moi le tout dernier acte du film est une grosse déception qui fait retomber Dread dans une thématique des plus classique avec une sorte de psychopathe sadique aux motivations troubles et de pauvres victimes.
Dread reste au bout du compte un très bon film d'horreur, immersif, éprouvant et surtout émouvant; dommage finalement que Quaid ne soit pas le personnage le plus fragile et le plus touchant du film afin de démarquer encore un peu plus le film et brouiller les frontière entre les bons et les méchants
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Blog à Part, Collection Part 2 : Films en DVD, 2020 : Films vus et/ou revus et Collection Films
Créée
le 17 févr. 2020
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le 3 mars 2011
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