La dégénérescence de la cellule familiale ici représentée, jeu avec les clichés et tabous de l’american way of life – puisque le grand-père est un militaire paranoïaque, les parents pratiquent ouvertement l’échangisme au point de clouer au mur des tableaux explicites, la fille affiche un look rock et fréquente un bad boy décervelé – rend plausible voire motive l’arrivée des monstres venus de l’espace, anomalie de plus dans un paysage banlieusard déjà ravagé.
Charles Band et Ted Nicolaou composent une comédie d’horreur teintée de politique : l’épouvante gore n’exhume plus squelettes et esprits d’un cimetière indien sur lequel la banlieue pavillonnaire fut construite (Poltergeist, 1982) mais raccorde par une antenne satellite la famille à la télévision vectrice de programmes scandaleux, qu’il s’agisse de séries B voire Z du cinéma de genre (Robot Monster en 1953 ou The Giant Claw) présentés par une Medusa à tête de serpents, de productions érotiques et pornographiques, de séquences d’archives empruntées aux guerres mondiales. Or, à la différences d’œuvres puritaines et moralisatrices, TerrorVision se complaît dans la débauche ainsi synthétisée, sexualise par un zoom licencieux sur la poitrine de la présentatrice télé, écœure par la déglutition visqueuse de ses créatures spatiales, orchestre la résistance armée d’enfants contraints de se substituer aux adultes défaillants. Le long métrage témoigne d’un amour du genre, fort d’effets visuels soignés et d’une musique inventive que signe Richard Band. Une curiosité à découvrir.