Imaginez une partie de cricket jouée au ralenti, sous une pluie de slogans sociaux, avec un arbitre qui hurle « MÉTAPHORE ! » à chaque lancer. Voilà TEST, le film de S. Sashikanth. L’idée de départ ? Brillante sur le papier : un match de cricket devient une décision de vie ou de mort pour trois hommes que tout oppose. Le problème ? C’est justement sur le papier que ce film aurait dû rester.
On suit Thilak (un R. Madhavan en pilotage automatique), investisseur sans scrupule, qui voit dans ce match la possibilité d’un joli chèque d’assurance, à condition qu’un joueur meure. Oui, littéralement. Le sport comme roulette russe, mais version PowerPoint. En face, Anand (Siddharth, coincé dans son costume de conscience morale), coach qui veut que le match se joue pour la beauté du sport. Et au centre de tout, Kumar (K. Manikandan, nettement au-dessus du lot), jeune cricketeur dont la vie est soudain mise aux enchères morales.
Le film tente de bâtir une tension dramatique sur cette décision collective, mais trébuche à chaque pas : dialogues ultra-didactiques, flashbacks plombants, et musique dramatique qui s’invite toutes les trois minutes comme un voisin qui tape à votre porte pour parler d’astrologie.
Sashikanth veut manifestement faire un film engagé. Il obtient surtout un manuel d’éducation civique filmé avec l’intensité d’un clip de prévention routière. Les intentions sont là, mais noyées dans une mise en scène empesée et des rebondissements dignes d’un soap surjoué.
Le plus ironique ? Dans ce film censé dénoncer la marchandisation de la vie humaine, ce sont les personnages eux-mêmes qui finissent instrumentalisés : marionnettes au service d’un propos sur-signifiant.
Quant à la fin, elle se veut poignante. Elle est surtout prévisible, téléphonée comme un tweet en 3G. On en ressort avec une sensation étrange : le cœur n’a pas vibré, mais la tête a reçu un coup de règle.