Le western italien, plus largement européen, s’est nourri d’une multitude d’influences pour façonner ses récits. Certains cinéastes ont puisé dans Shakespeare, d’autres dans L’Odyssée d’Homère ; Sergio Leone lui-même s’est inspiré du cinéma japonais, et notamment de l’œuvre d’Akira Kurosawa.
Texas s’inscrit, quant à lui, dans une autre veine : celle de l’histoire immédiate. Le film de Tonino Valerii évoque l’assassinat d’un président des États-Unis, renvoyant inévitablement à la mort de John F. Kennedy à Dallas. Le récit adopte clairement la thèse du complot, tout en la transposant à l’époque de l’après-guerre de Sécession. S’y greffent des thèmes brûlants : la question des droits civiques, le racisme, et plus largement les fractures d’une société en crise.
Texas est ainsi un western politique, dur et âpre, qui n’édulcore rien. Giuliano Gemma y apparaît dans un registre inhabituellement sombre, livrant une interprétation remarquable. Autour de lui, le casting est irréprochable, rassemblant de nombreuses « gueules » marquantes du cinéma italien et espagnol.
La mise en scène de Valerii impressionne par sa rigueur et sa tension : elle se rapproche davantage du thriller paranoïaque américain que du western classique. Texas s’impose dès lors comme une véritable découverte, et surtout comme une franche réussite.