Dans les années 1970, une ville de Glasgow sinistrée par le chômage et les problèmes sociaux, quatre potes sans le sou décident de cambrioler ce qui se vend encore ; des éviers en acier inoxydable, où ils vont établir un plan à base de travestissement.
Bill Forsyth est un réalisateur qui est plus connu pour Local Hero ou, en Angleterre, pour Gregory's girl qui fait l'objet d'un culte dans le pays. Mais avec That sinking feeling, sorti quelques années plus tôt, il démarre dans la comédie, avec comme particularité que c'est une production 100 % écossaise, ce qui n'a jamais été établi au cinéma jusqu'alors, et que ses comédiens sont tous issus du théâtre local. Ce qui fait que l'accent très (mais alors très !) prononcé des personnages, qui semblent avaler les mots, nécessitent fortement les sous-titres...
Pour être franc, je dirais que le film n'est pas très réussi, assez décousu ; dans l'esprit, il ressemble un peu à ce que Ken Loach pourrait faire, avec ce début très réussi où, en quelques secondes et la présentation de ces quatre mecs, on sent le côté sinistré de Glasgow, pas seulement dans la grisaille permanente, mais dans le fait qu'ils n'aient pas les quelques pences nécessaires pour se payer un sandwich. On rit parfois devant le côté pied nickelé de l'opération, à l'image du gardien de l'usine des éviers qui ronfle devant la mixture du scientifique du groupe, le fameux travestissement ou le début avec un des types qui engueule une statue sur le fait qu'il n'ait pas de boulot... ce qui a comme seule conséquence de réveiller un clochard endormi non loin de là, mais ça a du mal à tenir la distance sur la longueur. D'autant plus que le film est assez court, mais il en lui une générosité assez indéniable de faire rire sur un sujet sensible, surtout à cette époque, et dans une production totalement écossaise.