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le 5 avr. 2016
SuivrePas gagné !
Atom Egoyan, un "jeune" cinéaste qui nous a récemment impressionné avec son "De Beaux Lendemains", a déjà derrière lui quelques films qui valent le détour. Le plus notable que j'aie vu à date est cet...
Quelques spoilers.
<i>The Adjuster</i>, s’il fourmille d’idées et d’un scénario soigné, apparaît au regard des films postérieurs de la filmographie comme un geste artistique trop vert. Le style d’Atom Egoyan, et toute son étrangeté, semblent ici encore figés dans les codes d’un cinéma d’auteur européen frigide à la recherche du malaise, qui fait artificiellement saillir au milieu de longues plages mornes (celle d’un quotidien mortifère si peu désirable) des saillies de sexe et de pulsions violentes – tout ce qui tourne autour du personnage de la riche déviante, notamment, est particulièrement usant.
On sent bien qu’il y a là tout un réseau symbolique et thématique à l’œuvre, que ce soit dans cette adoration érotico-religieuse dont le personnage est l’objet (tel un Christ se donnant à tous), ou dans cette façon dont, par l’intermédiaire des oripeaux du tournage qui s’installent autour de sa demeure, sa vie de famille “fictionnelle”, fabriquée de toute pièce par un processus qu’il a répété avec chacun de ses clients, tombe peu à peu le masque de son artificialité.
Mais on se lasse assez vite de ce jeu de piste. Le film cette fois n’a pas grand-chose à proposer de plus, émotionnellement, et cela tient peut-être au fait que dans ce film-ci, les personnages se mentent, pas vraiment conscients de ce qui leur arrive ou de ce qui les meut, de ce qui guide leurs gestes et leurs décisions – devenant alors autant de petits rats de laboratoire. Le contraire d’<i>Exotica</i>, où les personnages reconnaissent leurs névroses, en sont les spectateurs tristes, et décident ou pas d’y donner cours, ont une lucidité mélancolique sur elles.
Il reste que cette impression générale de frigidité, qui confère à l’ensemble un côté un peu vain, est peut-être à relativiser si on la met en regard de la première partie de la filmographie d’Egoyan : d’après ce que j’en lis des critiques d’époque, <i>The Adjuster</i> était le premier film à percer la carapace implacable et distante du cinéaste, après une décennie de films glacés…
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il y a 4 jours
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le 5 avr. 2016
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