L’échec de The Amateur tient à son incapacité à donner vivacité et profondeur à ses personnages, simples fonctions de scénario, en témoigne la construction schématique d’une intrigue installant en quelques minutes le quotidien idéalisé d’un couple pour mieux motiver les actions du mari une fois son épouse ravie. Comment ne pas rester de marbre devant un protagoniste étudiant sans compassion les images figurant les derniers instants de son épouse – images d’autant plus banalisées qu’elles nous sont montrées quelques minutes seulement après l’annonce de l’attaque… –, régi par une colère superficielle qui sert de prétexte à ses déplacements et, par extension, à ceux du récit ? La mise en scène place tout sur le même plan, passe d’une scène à l’autre avec indifférence et froideur, similaire aux comédiens et notamment à Rami Malek, ici des plus désincarnés. Le film confirme la médiocrité de James Hawes, réalisateur opportuniste et dépourvu de vision artistique qui avait su, il y a deux ans, user de tous les artifices fournis par le mélodrame historique (One Life, 2023) pour faire pleurer dans les chaumières et espérer tirer de ces larmes une quelconque reconnaissance de sa valeur.