La première fois que Dujardin vit Bérénice, il la trouva franchement laide.

Au lieu de revoir en boucle Une étoile est née et Chantons sous la pluie, Michel Hazanavicius aurait dû voir et essayer de comprendre un peu plus de films muets, et pas seulement se contenter de les citer... Sinon, il aurait pu juste copier plan par plan, d'habitude, ça ne le dérange pas, c'est pas comme si c'était un cinéaste, non plus...


J'ai failli crever pendant la première moitié de The Artist... à chaque extrait de film dans le film, j'avais de l'urticaire, le reste du temps, je me pendais à cause de la laideur des plans et de la photographie, quand je ne sais plus qui a fait un doigt d'honneur, j'ai vomi toute ma bière, et il y en avait beaucoup.


C'était un peu ça le piège d'ailleurs, je devais rentrer plus tard, enfin, beaucoup trop tard pour me taper un film en bossant le lendemain... Manque de bol, le voisin était passé pour je ne sais quoi, et, de fil en aiguille, il avait filé ce film à Madame sur une clef informatique. Malchance aidant, je viens de changer mon lecteur DVD et il accepte à présent ce genre de subterfuge. Le hasard le plus improbable étant bien sûr que le troquet où je buvais se soit décidé à fermer exceptionnellement trois heures plus tôt, d'où ma présence malencontreuse.


Je n'aime pas trop les guenons anorexiques en général, avec ou sans les mouches, mais là, ce fut particulièrement pénible, surtout avec les yeux de poisson mort... J'imagine que le fait de coucher avec le réal n'aide pas à obtenir un rôle, sinon, ce serait sale.


John Goodman a perdu cinquante kilos, soit c'est le noir et blanc qui amincit, soit c'est un cancer généralisé.


Après une première demi-heure horripilante, Jean Dujardin prend un peu sur lui et arrive vaguement à être regardable. Il a toujours quatre expressions faciales, c'est six de moins que le clebs, mais bon, ça fait trois de plus que la Béjo...


Comme à chaque fois, le seul truc à sauver dans un film de Hazanavicius, c'est la musique de Ludovic Bource, et si les débuts sont laborieux, il arrive finalement à trouver un respectable rythme de croisière.


Sinon, bien sûr, le film est mauvais, j'ai envie de dire beaucoup de mal du nabot fils à papa putassier qui se cache derrière, mais j'ai bu d'autres bières depuis que je voudrais bien garder.
On savait dès Shakespeare in love que Harvey Weinstein était capable de faire voter pour de la pâtée pour chien aux oscars, donc le succès démesuré du film n'étonnera personne.


En fait, au milieu du film, je ne sais pas, j'ai dû m'assoupir, mais ça faisait un peu moins mal, comme le début abominable et les critiques que j'ai pu lire chez les gens normaux me faisaient craindre le pire, le film arrive de justesse à sauver quelques meubles.


Pour la musique, le cabot et un ou deux petits efforts de celui qui a deux pattes, j'ai presque voulu être généreux, mais bon, comme c'est la première fois que je m'ennuie autant devant un film muet et que toute cette production pue comme la hernie hiatale de ma grand-mère, je laisse la note juste.

Torpenn
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le 3 avr. 2012

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Torpenn

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