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The Dark Angel
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le 2 mars 2022
J’avais fini par me lasser des films Batman… Il faut dire qu’en tant que fan du personnage depuis mon plus jeune âge, les moqueries au collège ne m’atteignaient plus vraiment, et j’étais sur un petit nuage lorsque Nolan a repris l’univers en main. Puis la lassitude est arrivée. Nouvelle Bat-Nolan-Mania, une tripotée de nouveaux fans, du marketing à gogo, du pognon claqué à tout-va dans les Urban Comics, puis la vague Snyder m’aura fait décrocher de mon héros favori. C’en était trop de cette véritable « Marvellisation » de DC. Amputé d’une passion qui autrefois de niche faisait désormais l’unanimité. C’est pas toujours facile, de partager ses héros !
Jusqu’à The Batman.
Beaucoup se plaignent de la longueur du film, mais sérieusement, Matt Reeves a tout compris. Voilà bien une vision comme j’aime, à la hauteur de Burton, Nolan, et même Schumacher ! Parce qu’elle est assumée et identifiée du début à la fin. Là où Burton s’en tape un peu de Batman parce qu’il préfère les monstres, Nolan, lui, se penche sur le concept du super-héroïsme moderne et contemporain. Schumacher, pour sa part, assume pleinement son amour des comics aux couleurs flashy et dénués de réalisme, quitte à devenir une légende du nanard. Je ferai l’impasse sur Snyder que je considère comme un outsider dans ce domaine - et enfin, Reeves débarque subrepticement, tel un serpent d’ébène aux yeux rubescents, pour nous pondre cette merveille qui casse les codes et en plus, a le mérite de rassembler fanzouzes et néophytes.
Ne t’attends pas à voir ce que tu attendais de Batman, tu risquerais d’être déçu. Dans The Batman, tout ce que tu connaissais va s’en prendre un sacré coup dans l’aile (de chauve-souris).
Fini, le bourrin à la voix rocailleuse. Contemple plutôt les jeunes années d’un gringalet en pleine dépression qui passe plus de temps à se casser la gueule et à se prendre des balles plutôt qu’à mettre des tatanes à des centaines de méchants.
Fini, le Batman toujours à moitié accroupi dans la nuit. Ici, tu pourras plus souvent compter les coutures de son masque en plein jour tandis qu’il t’observe sans rien dire que de le voir en action. Là, ses yeux, tu les verras, et très bien même. Souvent à la limite de chialer, ton héros est un gros fragile qui doit peser 80 kilos tout au plus, et bon Dieu que Pattinson était un bon choix ! Nombre de critiques le conspuent car son jeu serait trop proche de celui d’Edward Cullen… Mais hé, Batman ne se rapprocherait-il pas finalement de la mythologie du vampirisme ? Exsangue, maigrichon et cerné, ça change du charismatique brun ténébreux sérieux et musclé. C’est bien simple et ça tient en un mot : identification !
Finie, la galerie de personnages charismatiques et hauts en couleurs. Tous sombres, un peu mornes et insipides, à l’image de cette Gotham corrompue à l’esthétique gothico-moderne, ils semblent tous évoluer et étouffer dans des décors surchargés. Et je tire mon masque à Paul Dano, qui nous livre une interprétation du Riddler de haut niveau. Sa capacité à jouer un dangereux sociopathe à la bouille infantile me terrorisait déjà dans le magistral There Will Be Blood. Et que dire de Colin Farrell en Pingouin ? J’avoue avoir été déçu par la critique de Durendal, qui ne voyait pas bien « en quoi son incroyable transformation physique était utile », puisque totalement méconnaissable. Mais c’est ça, l’intérêt ! On appelle ça une prouesse, tout simplement ! L’acteur est bien connu pour adorer se grimer, pourquoi l’en priver ?
Mais après avoir brisé tous ces codes, Reeves en a respecté de nombreux autres afin de contenter les amateurs, fans et fanatiques de l’homme chauve-souris. A commencer par l’atmosphère gothique globale du film, de l’architecture à la bande-son, chaque puriste des différents réalisateurs y trouvera son lot d’hommages. Le manoir Wayne et la raideur de Michael Keaton, c’est très Burtonien. La bande-son, très Animated Series (ah, cet Ave Maria assombri !). Les plans larges de la ville qui en indiquent une certaine modernité, c’est très Nolan.
Ensuite, si comme moi (hélas, hard geek), tu as dévoré et dévores encore les grandes sagas de Batman en comics, tu reconnaîtras facilement toutes les inspirations de Reeves. Terre-Un, Un long Halloween, Cataclysme… Si tu n’as rien lu de tout ça, arrête-toi immédiatement et fonce les découvrir.
Et enfin, il y a tout le côté novateur qu’amène Reeves. La photographie générale du film, oscillant entre noir et rouge, installe sans cesse ce climat d’hémoglobine, de rage et de passion, éléments qui habitent Bruce Wayne. Tout comme la lenteur de l’intrigue, rappelant ENFIN qu’un super-héros n’est pas forcément toujours rapide, capable de voler, courir à 300 à l’heure, se battre sans cesse… Après tout, Batman n’est qu’un homme, et qui plus est le plus grand détective du monde. Une enquête n’est pas constituée que de péripéties ! Trouver des indices, c’est long, c’est chiant, c’est beaucoup de blabla.
Je sais que cette critique occulte énormément de choses et de détails du film, et certes, j’eusse aimé que le climax soit un peu plus prononcé. Mais je n’ai pas vu les trois heures de film passer, et rien que pour ça, et pour tout le reste, j’aime ce film !
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