En 1971, tensions dans une petite ville du Sud. Après l'incendie de l'école réservée aux Noirs, où mettre les enfants ? Les Blancs accepteront-ils de les intégrer dans leur école ? Par lâcheté, la juge chargé de trancher décide de mettre en place des "charrettes", sorte de débats intenses entre les acteurs locaux où la population décidera. S'affronteront Ann Atwater, activiste noire, et CP Ellis, président local du Klu Klux Klan !
Le film a le mérite de casser quelques clichés du genre civique. Les activistes noirs passent en fait presque au second plan. Tandis que la fausse protagoniste incarnée Taraji P. Henson s'avère certes noble de coeur, mais a tendance à démarrer au quart de tour sans envisager de faire des concessions.
Le vrai héros est en fait le président du KKK, incarné par un très bon Sam Rockwell. A travers ce père de famille aimant, on comprend que le KKK et la haine ne sont que des solutions de facilités pour trouver un cadre, un statut, et une raison de vivre. Dans un environnement où règne la pauvreté, quel que soit sa couleur.
Sa relation avec la communauté noire, et les débats et rebondissement s'avèreront plaisants et touchants. Rien de révolutionnaire mais une approche qui change un peu, et ça fait du bien.
Par contre, le final en fait un peu trop dans le dégoulinant. L'ironie étant que c'est tiré d'une histoire vraie, mais on sent que quelques couches hollywoodiennes ont été ajoutées. C'est un peu dommage car "The Best of Enemies" était plus malin que ça sur le reste.