8
820 critiques
Sublime !
Voilà typiquement le genre d'oeuvre aux notes contrastées qui, pour moi, mériterait un consensus plus net et plus franc. Bien des pensées m'ont traversée pendant son visionnage et je vais tenter de...
le 23 nov. 2015
AVERTISSEMENT AU LECTEUR:
Bien que ma critique ne soit pas un spoil en règle, t' y aventurer trop loin risquerai de te gâcher le plaisir si tu n' as pas vu le film. Persévérer étant aussi diabolique que répandu, j'ai placé une petite pancarte qui t'avertira de l' endroit à ne pas dépasser....
Ceci étant posé, prenez un film dont l' action est supposée se dérouler en Italie, mais dont on a l'impression qu'il se passe en Suisse tant tout semble propre, net et à sa place. ( officiellement il a été tourné dans le Trentin et en Sud Tyrol). Les personnages y parlent anglais, langue maternelle des acteurs. Geoffrey Rush fissure l'armure de son personnage avec maestria, Sutherland figure sans forcer le vieux matou affûté quoique sous-exploité , Morricone à la musique nous rappelle qu'il n'est pas mort, tandis que l' image lisse, bien éclairée, met en valeur l' écrin artistique de l' histoire, l'univers des commissaires priseurs, de la Peinture et des antiquaires de luxe. Le scénariste et réalisateur pour avoir connu un grand succès dans le passé connait les ficelles du métier..., Bref, tout respire le fabriqué autant que le travail bien fait, avec au bout de la chaîne des dialogues calibrés au cordeau pour susciter les effets adéquats.
SPOIL
On s’apprête à passer un excellent moment, façon divertissement à l'ancienne, et puis un certain charme opère sur nous, on se laisse prendre au portrait de cet homme de l' art, maître des artifices et ses petites cachotteries d'arnaqueurs nous amusent. Il est charismatique autant qu'œil impitoyable séparant le chef d’œuvre de sa contrefaçon et on est fasciné par sa collection, en son refuge authentiquement impressionnant. On assiste non sans un petit pincement au cœur à sa métamorphose, la statue du commandeur qui se fêle, on tombe amoureux avec lui d'une agoraphobe aussi agaçante qu'invisible. On la déteste autant qu'on l'aime, on la désire tant voir...
A ce stade là, l'histoire romantique qui se noue charme, avec ce soupçon de Cyrano revisité, ces tâtonnements de jeune amoureux aux cheveux blancs.
Et puis la fadeur de l' héroïne a présent nue dévoilée déçoit. La lourdeur du cinéaste à nous signifier que le héros est un vieux puceau qui n' a jamais vu la louve pèse. Et puis pourquoi aussi nous faire le coup du puzzle façon pièces d'automates qui s'assemblent pour nous dire la Vérité vraie? Touche d'orgueil de l'artiste nous appâtant avec ce symbole arty du deus ex machina, façon Machiavel 2.0?
Plus la fin se précise, plus le peintre Tornatore abuse du coup de pinceau, des effets de couleur, en rajoute une couche, cette catastrophique dernière séance de vente aux enchères qui sonne faux comme du mauvais théâtre de dupes. Oh bien sûr, sans avoir été spoilé moi même, j'avais eu vague écho d'une surprise, mais alors que je rêvais encore d'une fin tragique, d'une jeune femme libérée de sa maladie par le vieil amant qui prend son envol pour ne pas rester dans les bras de ce vieux barbon ennuyeux, préférant pourquoi pas le jeune génie de la bricole et de la stratégie amoureuse, dans son dos il conquérait la belle pour lui seul le petit saligaud.
Au lieu de ça Tornatore, après avoir su nous émouvoir, choisit de hurler avec les loups de cynisme joueur ( Afin d'obtenir un financement conséquent pour son bel ouvrage ? rhétorique perfide je le sais )
Il sacrifie la beauté à la facilité, l' artifice à l'authenticité. Il est donc de ces artisans de la contrefaçon qui reproduit ici du Hitchcok mêlé à du Mankiewicz. Et bien soit!
Le thriller sur le mode arnaque prend le dessus sur la tragédie amoureuse et le spectateur peut se sentir quelque peu floué à l'image du personnage principal. The best offer, really?
Étrange quand on repense à ce chef d' oeuvre sentimental qu' était Cinema Paradiso.
Et si Tornatore, en guise de pirouette avait osé la victoire de l'humain sur l' appât du gain ?
Je sais que cinéma et morale ne font pas bon ménage, cela n' empêche pas de nourrir quelques regrets, délicieux sentiment quand un film vous laisse sur votre faim.... Ah si la belle mécanique s'était enrayée, emballée, avait déraillé.. Faisons un rêve...
Si une contre anarque avait annulé celle-ci dans un sursaut de lucidité de notre vieux barbon solitaire ?
Au final j'aurai mis huit à la tragédie romantique moderne, auquel j'ôte le deux que j'aurai mis au thriller saccagé par le twist final. Cela fait sept, car j'ajoute ce supplément d' âme, cette fin à Prague, et la dernière image du héros, seul au milieu de tous ces engrenages, tic tac tic tac...Mêmes séparés les rouages gardent l' empreinte de ceux qu'ils côtoyaient, comme les êtres humains . Ta touche d'authenticité dans cette splendide contrefaçon de la Vie? Oui Guiseppe, parfois tu sais être fin, et de cela je te suis reconnaissant.
Créée
le 23 avr. 2014
Modifiée
le 23 avr. 2014
Critique lue 11K fois
8
820 critiques
Voilà typiquement le genre d'oeuvre aux notes contrastées qui, pour moi, mériterait un consensus plus net et plus franc. Bien des pensées m'ont traversée pendant son visionnage et je vais tenter de...
le 23 nov. 2015
7
164 critiques
AVERTISSEMENT AU LECTEUR: Bien que ma critique ne soit pas un spoil en règle, t' y aventurer trop loin risquerai de te gâcher le plaisir si tu n' as pas...
le 23 avr. 2014
4
14114 critiques
Pas terrible ce film. J'ai trouvé l'histoire assez fade. Bon, déjà, on a affaire à un film à twist, et comme souvent avec ce genre de film, le revirement est mal préparé et surtout, ça aurait pu être...
le 21 août 2016
10
164 critiques
Sur le boulevard du crime, vous vous promenez, et tombez amoureux d'une fleur, Garance. Il y a Baptiste, le mime enfant de la lune, tellement fou d' amour qu'il n'ose cueillir la fleur... Frédéric...
le 10 févr. 2013
10
164 critiques
Qui peut résister à "Singing in the rain" ? Qui peut rester hermétique à ce film qui vous entraine, vous endiable, vous charme et à la fin vous terrasse de joie. Je me souviens encore de la stupeur...
le 25 juin 2013
8
164 critiques
Longtemps je me suis gardé de rédiger une critique à ce film. Le parti pris du cinéaste, qui de la dérision, à la folle poésie, finissait en mélodrame, échappait en partie à mon entendement. Je l'...
le 21 févr. 2015
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème