Ce film est une belle surprise et je comprends aisément pourquoi il est devenu une œuvre aussi marquante. À travers l'œuvre, nous suivons les aventures de Jeffrey Lebowski, aussi appelé “Le comte”. C'est un anti-héros nonchalant et apathique. Il n'a aucune ambition dans la vie et se retrouve malgré lui impliqué dans des histoires d'enlèvement et de rançon. Son côté passif et paresseux le rend particulièrement sympathique. Il refuse de vivre selon les règles des autres. Son seul objectif dans le film est de récupérer son tapis.


J'ai aimé le ton absurde et le décalage du personnage face aux événements. Entre Walter Sobchak, ancien vétéran du Vietnam. Colérique, paranoïaque, mais extrêmement loyal en amitié. Il est en grande partie responsable de l'aggravation du chaos tout au long du film. Donny Kerabatsos est quant à lui un grand naïf que personne n'écoute, ce qui devient un gag récurrent. Enfin, Jesus Quintana est un adversaire de bowling redoutable. Arrogant et provocateur, il apparaît peu, mais chacune de ses apparitions est mémorable.


La mise en scène est très inventive et l'esthétique particulièrement contrastée entre le luxe et l’appartement pourri de Jeff. Les scènes de bowling sont particulièrement réussies. Les Coen n'hésitent pas à utiliser les rêves et l'imaginaire pour laisser libre cours à leur créativité. La mise en scène accompagne parfaitement ce ton irrévérencieux. Il faut s'attendre à un film parfois volontairement vulgaire et potache. Ce que j'aime ici, c'est que tout est assumé sans jamais tomber dans l'excès. Tout est parfaitement réfléchi.


Plus on avance dans l'histoire, plus l'intrigue principale devient secondaire. Le véritable intérêt du film réside davantage dans les personnages, les dialogues et les situations absurdes. Le récit est finalement une excuse pour détourner l'attention vers Lebowski et son univers.


Si l'on peut voir Jeffrey au début comme un minable vivant dans un taudis, on se rend compte, comme le dit le conteur, qu'il est finalement “parfaitement à sa place”. Nous connaissons tous des types comme lui. Son mode de vie est devenu sa philosophie. Il prend les choses comme elles viennent. On pourrait même se demander si ce n'est pas lui qui a raison. Il veut simplement vivre en paix, sans se soucier de ce que les autres attendent de lui. À sa manière, sa philosophie lui enlève un poids et le rend plus heureux, car il se contente de ce qu'il a.


Nenelle59
8
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il y a 3 jours

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