Et elle revient de loin !

Loin le temps où Sofia Coppola flirtait avec le mélo dans Lost In Translation avec un Bill Murray tristounet zonant dans les rues de Tokyo avec Scarlett Johansson, mais surtout loin le triste temps de Somewhere, essai raté sur la solitude d'un père devenu patate de canapé. Coppola fille s'est penchée cette fois-ci sur l'univers piégeux de la mode et du superficiel (offrant au passage à la sublime Emma Watson une occasion de goûter à autre chose que du jus de citrouille...).

Que cela soit dans Lost In Translation, Marie-Antoinette ou Somewhere, Sofia Coppola s'est toujours intéressée à la solitude de ceux qui ont tout: pouvoir, argent, célébrité. N'en déplaisent aux habitués, elle vire de bord dans The Bling Ring, préférant observer la fascination abusive d'un groupe de jeunes fashion victims pour les fringues des stars, voire leur mode de vie tout entier. Leur aveuglement dans ce monde de l'image les pousse à s'introduire chez Lindsay Lohan, cambrioler Megan Fox, squatter chez Paris Hilton. Cela commence par un bijou + un sac à main, puis c'est une collection de chaussures, puis c'est une voiture, puis c'est de la gourmandise, et ça devient addictif autant que c'est facile.

La caméra prend le relais, coinçant petit à petit nos anti-héros dans leur propre délire cleptomane en donnant cette sensation d'étouffement. Ajoutons des artifices, virons les figurants, augmentons le nombre d'objets, rétrécissons le champ, puis diminuons l'éclairage : les voici pris au piège, et désormais, comme le veut la tradition Coppola, seuls à leur tour.

La richesse accumulée, le larçin raflé chez leurs victimes, la célébrité acquise grâce aux médias, la popularité par les réseaux sociaux : Tout ceci n'est qu'une parure artificielle destinée à cacher le mal-être d'une jeunesse en mal de confiance en soi. Cette histoire vraie, transformée pour l'occasion en outil pamphlétaire par la cinéaste, rappelle à juste titre la présence d'une femme qui compte dans le milieu du 7ème art.

On aime ou on aime pas. C'est du Sofia Coppola. Un cinéma sobre et calme qui fait son remue-méninges sur plusieurs jours après visionnage. Un cinéma nécéssaire et qui fait du bien. Du cinéma, somme toute.

Créée

le 18 juin 2013

Critique lue 363 fois

Critique lue 363 fois

D'autres avis sur The Bling Ring

The Bling Ring

The Bling Ring

3

guyness

895 critiques

Placement de Marc

Louboutins, M.I.A, Channel, Kirsten Dunst, Hervé Léger, Guerlin, Alexander McQueen, Lil Wayne, Prada, Paris Hilton, Facebook, Vanity Fair, macouillegauche, Lindsay Lohan, Rolex, Rachel Bilson,...

le 31 oct. 2013

The Bling Ring

The Bling Ring

3

EvyNadler

349 critiques

Il est mort mon soleil.

Le gros problème de Sofia Coppola, c'est que plus les années passent, plus son style s'affirme. Et malheureusement, le cinéma qu'elle propose est merdique. Alors là, c'est le drame, je me sens obligé...

le 10 août 2014

The Bling Ring

The Bling Ring

6

Sergent_Pepper

3175 critiques

« Your butt looks awesome »

Vanité des vanités, tout est vanité. Plongée dans la jeunesse oisive en manque de sensations fortes, The Bling Ring ne nous épargne rien de tout ce qui peut creuser le fossé entre cet âge et celui...

le 28 nov. 2013

Du même critique

Zygomatiques

Zygomatiques

10

Maître-Kangourou

331 critiques

Que le rire demeure !

C'est cruel, mais le rire n'existe pas. Tout du moins dans ce 1984 dystopique, où la joie est bannie du quotidien des hommes. C'est d'ailleurs très intéressant de voir ce que serait le monde sans...

le 21 févr. 2013

Le Terminal

Le Terminal

8

Maître-Kangourou

331 critiques

Inconnu à cette adresse

Tom Hanks se complaît-il dans les personnages voués à la solitude ? En tous les cas, l'exercice lui réussit à merveille. C'est aussi la preuve formelle d'un grand talent d'acteur, qui sans forcément...

le 18 avr. 2013

OutRun

OutRun

8

Maître-Kangourou

331 critiques

Patrouille Nocturne (suite)

Kavinsky, c'est avant tout le charme électrisant des eighties, à l'image du très magnétique Protovision, une tuerie. La patrouille continue avec Rampage, se trempant dans le film d'angoisse à la Wes...

le 8 mars 2013