Tam est un adolescent harcelé au lycée et rejeté chez lui à cause de son homosexualité. Sa rencontre avec un garçon, Phum, va l'entraîner vers de sombres contrées. Si L'heure bleue commence comme un classique récit d'apprentissage amoureux, il bifurque vite vers le fantastique voire même l'horreur. Impossible de dire si les événements qui adviennent n'existent que dans le subconscient de Tam où s'ils sont réels. Est-ce une parabole sur une société homophobe ? Ou un simple film de fantômes ? Toujours est-il que malgré ses zones d'ombre, L'heure bleue se révèle hypnotique et se caractérise par une mise en scène subtile et lancinante. Entre Lynch et son compatriote Weerasethakul, Boonyawatana signe un premier long-métrage mystérieux, sensuel et sordide qui a fait un certain effet lors de sa présentation à la Berlinale 2015. La réalisatrice, à l'évidence talentueuse, devrait se retrouver très vite à nouveau à l'affiche dans les plus grands festivals.