(NB : Légers éléments spoilants)
Cet opus dramatique de Soderbergh vaut surtout à mon sens pour le face-à-face des deux acteurs.
Je n'ai été convaincu ni par le propos sur l'art, qui m'a paru assez cliché (l'inspiration, le génie, soit ; et le travail dans tout ça ?), ni surtout par la construction du personnage de Julian le peintre : comme on pouvait s'y attendre, l'insupportable bougon cache une âme blessée qui va trouver, vers la moitié du film et juste avant qu'on ne commence fermement à s'ennuyer, sa rédemption avant de quitter ce monde... Oh la la, que c'est romantique !
La palme du genre à l'ancien amant qu'on va débusquer au fond de sa retraite, qui dit qu'il ne veut plus y penser avant de fondre en larmes, bien sûr.
Quant à Lori, on la voit bien servir quelques nouilles au début du film, mais le personnage peine à incarner les galères des laissés pour compte de l'Art et de sa marchandisation.
Rien d'antipathique, mais rien d'indispensable non plus. J'espère du prochain Soderbergh un peu plus de fantaisie, d'humour, de conviction. Un p'tit truc en plus, en somme. C'est encore un peu tôt pour succomber à la tentation du film testamentaire.