Ce qui s’ouvre comme un film de casse autour d’une œuvre inachevée se transforme peu à peu en un huis clos passionnant qui interroge moins la valeur de l’art que les liens invisibles qui président à sa création. En enfermant un vieux maître et une jeune restauratrice dans une maison remplie de toiles, de mensonges et de secrets, Steven Soderbergh délaisse rapidement le suspense pour mettre en scène une joute intellectuelle où s’affrontent deux générations, deux conceptions de l’art et, plus largement, deux manières d’habiter le monde.
Julian Sklar (Ian McKellen), immense peintre retiré de la scène artistique depuis des décennies, n’a plus produit la moindre œuvre depuis longtemps. Pourtant, ses célèbres « Christophers » continuent de s’arracher à prix d’or, tandis qu’une série inachevée alimente les fantasmes du marché de l’art. C’est cette collection que Lori Butler (Michaela Coel), restauratrice, peintre et faussaire à ses heures, est chargée de retrouver puis d’achever à la demande des enfants du peintre, davantage préoccupés par la valeur marchande des tableaux que par leur histoire.
Le film semble d’abord jouer avec plusieurs pistes : la frontière entre original et copie, la possibilité d’imiter un geste artistique ou encore le rôle du marché dans la fabrication du génie. Mais derrière ces questions affleure déjà une autre interrogation, plus discrète : celle des figures invisibles qui participent à la création sans jamais en recevoir le crédit. Ces réflexions servent surtout de terrain à une confrontation jubilatoire entre Ian McKellen et Michaela Coel...
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