Ce court métrage est le dernier proposé par Mubi dans son long et excellent cycle consacré au réalisateur et encore une fois c'est très bon. La qualité des œuvres de Rosenblatt et donc de celle-ci vient de sa capacité à parler de l'intime avec une voix off, souvent féminine, monocorde et triste, ce qui ne fait que renforcer un sentiment profond d'impuissance et de résignation et sur imprimer cette voix off sur des images provenant sans doute d'archives, de films, ou éventuellement de quelques bouts qu'il a filmé lui-même, mais qui collent parfaitement à ce que dit la voix, sans en être l'illustration. L'image sans le texte et inversement ne veulent pas dire la même chose, jamais ça ne fait doublon.
On se retrouve ici par exemple avec cette personne atteinte d'une maladie mentale qui a du plaisir sexuel et on voit un masseur qui masse le cou d'une femme et la caméra qui se rapproche du cou jusqu'à n'avoir dans le cadre que les mains et un bout de peau du cou à l'endroit où se rejoignent les doigts. Impossible de ne pas voir là un clitoris que l'on masturberait.
L'image et l'idée se rejoignent donc dans un court métrage souvent malsain, du moins mettant réellement mal à l'aise le spectateur car on est jamais dans le misérabilisme, on est toujours dans une certaine réserve, ce qui ne fait que décupler les sentiments du spectateur pour les sujets du film, ici trois femmes enfermés dans leur « Claustrum », leur refuge/prison.
Il faut noter ici que l'introduction du film se servant d'un personnage de fiction pour aborder le concept et le rendre compréhensible au spectateur est vraiment magnifique visuellement.