Pour son retour aux sources avant sa disparition, Lee Tamahori signe un film historique des plus ternes et académiques, à la mise en scène illustrative qui se subordonne à montrer ce que le scénario a à dire, à savoir les exactions commises en Nouvelle-Zélande dans les années 1830 liées aux affrontements entre tribus rivales et à l’impérialisme colonial exercé par les Anglais. Guy Pearce ne dispose hélas pas d’un espace de jeu à la hauteur de son talent : si son interprétation demeure convaincante, elle se heurte à une retenue moraliste, compte tenu de sa profession spirituelle, face à la complexité d’enjeux politiques rendus aussitôt évidents (pour lui). L’insignifiance des actions humaines mute en insignifiance esthétique de l’œuvre tout entière, réduite à son contenu informatif et didactique – car nous en apprenons davantage sur l’histoire d’un pays éloignée de la nôtre. C’est rappeler, à terme, que si Lee Tamahori a su, au fil de sa carrière, faire preuve d’efficacité, mention spéciale à The Edge (1997), il demeure un réalisateur inégal et industriel.