Bon. Ça fait quelque temps qu'on nous casse les noisettes avec ce film. Comme quoi, ce serait le Messie du cinéma d'action/SF, le renouveau d'Hollywood. Un film novateur et original, car il n'appartient à aucune saga. Une œuvre visionnaire, pleine de liberté et de créativité, car porté par un véritable artiste. Un film d'autant plus extraordinaire qu'il est doté d'un budget rikiki de 80 millions de dollars (mdrrr). Voilà, le vrai cinéma d'auteur indépendant fauché qui nous livre une nouvelle perle et qui va bousculer l'ordre du cinéma de divertissement.

On va arrêter les conneries tout de suite. On est juste dans un film de divertissement classique. Le réal, Gareth Edwards, a fait trois films, dont un Star Wars vaguement regardable. Au casting, on retrouve des gueules d'Hollywood random. A l'image, c'est un random film de SF vaguement post apo et rétro futuriste qui baigne dans une teinte grisâtre. On a des vaisseaux/avions usés, des robots, des flingues lasers, des rayons bleus qui montent au ciel. C'est bon, on l'a vu des milliers de fois. Sous prétexte que ça n'appartient pas à une saga, ça devrait être un chef d'œuvre ? Hollywood ne livre que de la chiasse fermentée depuis des années et voyant un bel étron tout propre, on se dit que c'est génial. Mais nan, ça reste de la merde. Je m'en moque de ce film. Je l'ai vu trop de fois. Même l'enfant rappelle AI de Spielberg.

On a aussi la classique quête éculée. On suit un personnage random qui va se faire embarquer dans une quête pour la survie d'un peuple... Au fil de l'aventure, il va apprendre l'humilité, la sagesse, le bien. Avec l'amour, il va découvrir que l'ennemi n'est pas celui qu'on pensait... on l'a vu 36 000 fois. Le protagoniste avec ses membres robots rappelle I Robot. Les robots et le vaisseau dans le ciel rappellent sacrément Chappie et Elysium de Bloomkamp. Le film commence en mode Terminator avec un IA qui a largué une bombe atomique. L'ouverture est complètement foireuse. Le film commence par un flash-back montrant l'arrivée des robots, mais avec une image style 70'. C'est complètement pété. On enchaîne direct avec la scène d'amour et d'insouciance d'un couple au lit pour créer de l'empathie. Mais ça échoue lamentablement tant c'est artificiel. Après il y a tout le charabia de SF incompréhensible. Apparemment, il y a une New Asia contre qui les USA sont en guerre, mais pas vraiment, c'est plutôt l'intelligence artificielle qui vit sur ce continent. Il y aussi une arme appelée Nirmata, puis une autre Nomad et ensuite, il faut trouver un Alpha quelque chose... C'est quoi ce délire ? Il y a quand même un truc sacrément ironique. Le film prend la défense de l'IA et sort en pleine crise des scénaristes.

Il y a clairement un écho à la guerre du Vietnam et Edwards utilise l'intelligence artificielle pour parler de racisme. Les méchants ont le vocabulaire déshumanisant et dégradant envers les robots. Ils sont vu comme une population nulle et inférieure. Pourquoi pas, mais en fin de compte, je vois toujours des bouts de métal. Ce n'est pas comme Blade Runner qui réussissait mieux à brouiller la frontière entre humain et robot.

Le film est sacrément mal écrit. C'est probablement dû à Chris Weitz, l'homme possédant l'un des CV les plus épouvantables de l'Histoire (en concurrence avec Fabrice du Welz). Il y a plein de trucs qui sortent de nulle part, passant souvent du coq à l'âne. Des personnages apparaissent sans raison. Tout s'enchaîne trop rapidement. On gobe les informations à la chaîne. Le film devient artificiel. Comme lors de cette scène de rapprochement entre le héros et le robot dans le bus. C'est le classique moment où deux persos distants apprennent à se connaître en parlant sincèrement. Il y a aussi la bêtise des personnages qui agissent n'importe comment. Les scènes d'actions sont parfois grotesques. Le giga vaisseaux des américains est bizarre. Ce n'est pas furtif, ça se grille à des kilomètres, c'est super lent. Pareil pour la scène des tanks. D'où ils sortent, et comment ça se fait que personne ne les ait remarqués alors que ce sont des immeubles sur chenilles ? C'est d'autant plus con que parfois les persos sont en mission d'infiltration. La discrétion est morte et enterrée. La plupart des personnages qui entourent le protagoniste finissent tous par crever. Ça devient presque drôle de voir ce mec porter autant la malchance. Pour ce qui est du protagoniste, on ne comprend pas ce qui le motive à agir, comme tout passe trop rapidement. Sa romance dure 5 min et son accident qui lui a coûté deux membres (un bras, une jambe) et toute sa famille n'est même pas montré. Le film n'arrive même pas à assoir ça haine des robots. On aurait aussi pu jouer sur son malaise d'être mi homme, mi robot. Mais non.On s'en fou de ce gars. On ne ressent pas pourquoi il est aussi obstiné dans cette quête et qu'est ce qui amorce son changement de comportement. Et le pire reste que l'espèce de twist entourant le gosse est grillé depuis la bande annonce.

Cependant, c'est toujours sympa de voir l'interventionnisme américain critiqué. Parce qu'on a quand même les USA qui font flinguer l'Asie sous le prétexte de la menace de l'intelligence artificielle. Il reste aussi quelques belles images qui passent malheureusement trop vite. Comme ces robots qui mènent des vies banales. On voit des robots vieillards, d'autres portant leurs courses. Ils se fondent dans la nature et la vie courante. Et il y a aussi ce dernier moment entre le protagoniste et sa compagne réincarnée.

Cineratu
5
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le 2 oct. 2023

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