Beaucoup s'attendaient à un film ayant pour sujet l'Intelligence Artificielle et les inquiétudes que celle-ci génèrent actuellement. Et a raison, car effectivement le film annonce ce sujet dans son pitch. Sauf que celui-ci sera traité dans le scénario comme un McGuffin de Hitchcock, le truc super important, qui n'est là que pour donner du corps au film, mais qu'on pourrait bien remplacer par autre chose... Tiens par exemple, remplaçons la méchante IA par l'idéologie communiste : on obtient un film sur la guerre du Viêt-Nam...
- Quoi ?! Mais alors c'est un film gauchiste !...
Euh... Ben oui, en quelques sorte... C'est d'ailleurs assez étonnant de la part des américains, qui sont clairement les vrais méchants du film. Même Cameron n'avait pas osé afficher le logo US Army sur ses vaisseaux et engins dans "Aliens" ou "Avatar". Le sous entendu était pourtant assez évident, mais on parlait plutôt de conglomérat militaire ou industriel pour noyer le poisson. Ici Gareth Edwards l'assume clairement et le patriotisme américain va en prendre un coup ! Et après Disney se demande pourquoi le film n'a pas marché aux États-Unis...
Donc voilà, c'est dit. Ne vous attendez pas à une suite cachée de "Terminator" dans le monde de Skynet. C'est un film sur le Viêt-Nam (ou toute autre guerre américaine récente) en version science-fiction, qui critique sévèrement la politique étrangère et la propagande américaine. Lorsque les soldats se répètent entre eux "C'est que des programmes", on pense évidement à la déshumanisation de l'ennemi dans l'armé, qui est la base de la propagande pour envoyer des troupes au front.
Visuellement le film est une claque à tous les autres blockbusters américains récents qui ont tous coûté le double du budget de celui-ci. Gareth Edwards vient du monde des effets visuels, est passé par la case Star Wars avec son "Rogue One" et sait donc parfaitement où appuyer pour que cela se voit à l'écran. Les fans du genre en auront pour leur argent. Même si on a un petit goût de déjà vu dans tous ces designs très cools, mais qui font tous référence à un film de George Lucas, James Cameron, Ridley Scott ou Neill Blomkamp... Une petite touche personnelle aurait été un plus appréciable.
Il y a quand même quelques défauts de scénario, notamment lors de la fuite avec l'enfant, je n'ai toujours pas compris dans quel camps (physiquement) étaient les personnages à ce moment. Il manque une petite explication contextuelle à ce passage...