Comme beaucoup de monde, avant la séance, on m'a un brin bassiné de "c'est une révolution, un film SF à petit budget". J'avais un peu de mal à saisir pourquoi ça en fait un argument de poids pour justifier la vision du film mais soit. Et j'avais de bons souvenirs du Rogue One alors j'ai poussé la porte du cinéma en étant plutôt en confiance.
Bon.
Alors, oui, c'est bien fait, c'est indéniable, mais tout ça pour quoi? La révolution, je ne suis pas sûr de l'avoir saisie. A moins que la révolution, ce soit de réaliser "à moindre coût" un film récupérant la plupart des clichés et des twists scénaristiques du genre. Bienvenue au cinéma Aliexpress, la copie bon marché et aussi bien fait que l'original.
Le scénario, c'est quand même quelque chose. Le héros embarqué dans une guerre contre un peuple qu'il méconnaît mais qu'il apprend à connaître tout au long d'un chemin initiatique. ça vous rappelle rien? Attendez, on peint en bleu les Simulants, histoire d'y voir plus clair. Notez que c'est pas bien grave, on peut avoir déjà vu un scénario et l'exploiter différemment. Tenez. Déjà, ce n'est plus un méchant méchant colonel comme dans le film de Cameron mais une méchante méchante colonnelle. ça renouvelle le genre quand même.
Que c'est pauvre et abscons. Où sont la profondeur et la subtilité?
Le scénario, sans surprise et éculé.
L'empathie pour les personnages, éventuellement si vous êtes encore sensibles à la pureté du personnage enfant parce qu'il est enfant donc pur.
La construction de ces personnages, victime d'un rythme de montage constamment haché par les scènes d'action.
La réflexion sur le lien entre IA et humains tient sur une seule phrase fil rouge, le "il est éteint" qui change de sens dans la bouche du héros, et c'est tout. Et puis c'est pas tout, vous voyez, ils peuvent vivre dans des villages aussi et conduire des scooters.
Le jeu d'acteur, au niveau de ce que peut nous proposer Washington (bon, là, j'avoue, c'est personnel, ce mec m'a ébloui par son jeu profond dans Tenet).
Et la logique...
Le vaisseau humain plane à plusieurs endroits du monde en même temps, il y a plein d'IA vieux alors qu'ils ne peuvent pas vieillir sans qu'on sache pourquoi, le héros principal est celui qui a les vrais pouvoirs (pas l'enfant) comme celui de trouver au hasard le système d'ouverture de la cache des IA ou de retrouver une bague dans une flaque à l'instinct, le vaisseau humain est une merveille de technologie capable de scanner le monde mais incapable de trouver les principales cachettes des IA comme cette une maison en évidence sur une plage en Thailande (mais ça donnera des chouettes anecdotes sur le fait que l'équipe a pu tourner sur sites réels plutôt qu'en studio ,youhou), seules les caméras des années 70 fonctionnent dans le futur à priori comme le montre la séquence d'introduction... Le film regorge de ces petits moments où le cerveau s'arrête un instant en se demandant si c'est pas un peu con ce qu'on voit à l'écran mais le rythme du montage submerge toute possible réflexion.
Je ne peux nier la maîtrise technique du réalisateur mais malgré cette débauche visuelle, je trouve qu'il est difficile d'en sortir sans avoir l'impression d'avoir passé un moment creux. Quitte à faire du SF bon marché et populaire, je crois que je vais aller revoir "L'extraterrestre" de Didier Bourdon...