Entré en salle avec le souvenir très positif de Comancheria, j’en suis ressorti avec la douche froide d'un exercice de style qui tourne à vide. On est loin, très loin du western social. David Mackenzie troque ici sa mélancolie texane contre un puzzle urbain à la Guy Ritchie, où l’on braque, se fait braquer et re-braquer. C'est vif, c'est alambiqué, il faut rester accroché au siège pour suivre les alliances. La mise en scène, caméra à l’épaule, installe une tension solide. Le casting aussi fait le job : Sam Worthington et Theo James assurent le spectacle, et Gugu Mbatha-Raw (véritable sosie de Gloria Reuben, c’en est troublant) apporte une présence bienvenue.
Mais le problème, c'est le crash final.
On nous balance un flashback "10 ans plus tôt" dont on n'a que faire, juste pour boucher les trous d'une écriture qui s'essouffle. Le pompon revient au générique : cette tentative de justification humanitaire du braquage semble tout droit sortie d'un rapport de stage de troisième. Vouloir donner un vernis moral à une histoire qui n’en a pas besoin gâche tout le sel du film.
Au final, un bon film de braquage au pitch original, mais qui s’effondre dès qu’il essaie de se donner une conscience. Dommage.