Projet maudit qui a vu mourir Brandon Lee en plein tournage dans des circonstances mystérieuses, The Crow est pourtant un film qu'il aurait été dommage d'abandonner en cours de route. Car derrière un petit film fantastique classique qui ressasse toujours les même thèmes de retour à la vie, de soif de vengeance et pouvoir se cache un film d'extraordinaire maîtrise visuelle et sonore. Alex Proyas démontre ici pour la première fois qu'il sait ce qu'il veut obtenir et comment l'obtenir.
A l'écran, cela donne une image glauquissime avec des couleurs soit vives et apocalyptiques, soit ternes et sans vie. On oscille constamment entre des tons chauds et froids qui ne sont pas sans rappeler la vie qui bouillonne à l'intérieur d'Eric mais aussi la froide destinée de la plupart des personnages de ce film.
Sorte de suite à une tragédie, le film est en tout cas emprunt d'une mélancolie presque poétique, à la limite du macabre. Le faciès arboré par le mort-vivant vengeur n'y est pas pour rien, tout comme la superbe bande originale de groupes prestigieux tels que The Cure. Ainsi, le son colle parfaitement à l'image. Le défunt Brandon Lee est plutôt bon dans un rôle ambigu de rocker désespéré qui revit en se vengeant et en se vengeant de sa compagne. Et si les rôles de "méchants" sont plutôt effacés, voire ridicules à côté de cette icône punk, ce n'est que pour renforcer l'identification à Eric qui prend plus son pied qu'il n'a peur.
Vraiment un très bon film qui augure beaucoup du talent visionnaire de l'australien space.