Le scénario est assez oubliable tant les ficelles dramatiques sont visibles et archetypales. Le traitement des personnages féminins l'est aussi, entre sororité artificielle, rivalité amoureuse à lever les yeux au ciel, sexualisation pas nécessaire et manque de profondeur (pun intended). De ce côté là le film frôle donc le nanar mais il est heureusement rattrapé par une réalisation plutôt efficace. Dès que le groupe est dans la caverne, l'aspect claustrophobe est très bien rendu et il s'équilibre parfaitement avec la sensation d'immensité ténébreuse où chaque coin de noirceur peu cacher un gouffre. Dans la première moitié du film, le traitement plutôt réaliste de la lumière exploite bien les contrastes pour créer une atmosphère inquiétante où le clair-obscur maintient une tension constante. Malheureusement, dans la deuxième moitié, à partir du moment où elles sont chassées par les créatures, le traitement de la lumière est moins audacieux. Des sources lumineuses sans origine font leur apparition afin de compléter celles déjà existante et de montrer ce qui se passe et où sont les menaces, ce qui casse l'immersion. D'autant que le montage épileptique des scènes d'actions va contre cette intention de clarté, tout est trop découpé et il est parfois difficile de comprendre exactement ce qu'il se passe. Sans surprise la fin est aussi cliché que le reste du scénario, même si le plan final est plutôt efficace.
Pourtant visuellement le film a de grandes qualités plastiques. Le contraste des couleurs et des lumières, autant dans les scènes en extérieur que dans les profondeurs rocheuses, est vraiment beau et bien soutenu par des cadrages efficaces. Un traitement de la couleur typique des thrillers et films d'horreur de cette époque, et que j'aime beaucoup.