Traces d’hémoglobine sur la roche, oxygène en manque, parois de plus en plus étroites : en 2005, le cinéaste Neil Marshall s’empare du sentiment brut de claustrophobie pour imposer The Descent, une expérience brutale dans le paysage horrifique. Son métrage renoue avec la peur primaire de l’enclavement fatal. Six femmes sont au cœur de son œuvre. Autant de vies mises en péril par l’insondable noirceur des cavernes des Appalaches, autant de destins menacés par les présences qui rôdent dans l’ombre. Neil Marshall enferme et oppresse. Il éprouve les corps et les comprime. Il transforme la promiscuité en exaltateur de la terreur. Plus que tout, il met à feu et à sang l’amitié qui unit ses héroïnes. Il déchire dans les ténèbres les liens factices et réveille la nature profonde. En quête de sensations fortes, ces spéléologues découvrent l’ultime frisson, celui de la lutte jusqu’au dernier souffle. Pour Sarah, interprétée par Shauna Macdonald, la mort est déjà une compagne proche. Depuis le décès tragique de son époux et de sa fille dans un accident de voiture, elle vit avec ses propres fantômes. Dans la pénombre de la grotte, ses monstres ont une forme nouvelle, ils chassent une à une les six amies, ils s’agrippent aux plafonds et aux murs. Ils deviennent des abominations aveugles et affamées.
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