Deux ans après La Maison des 1000 Morts, Rob Zombie revient derrière la caméra et signe une suite extrêmement différente. Beaucoup moins psychédélique, plus "sérieuse" mais aussi et surtout moins horrifique, cette séquelle ne conserve que quelques personnages du premier volet pour les amener à travers un road movie sanglant sur les routes du Texas.
Sorte de Bonnie & Clyde chez les rednecks, The Devil's Rejects représente parfaitement le style de Rob Zombie, soit une attitude rock'n'roll outrageuse, un univers sale et sans concession, une certaine forme de vulgarité et un amour sauvage pour l'Amérique profonde, partie sombre de l'Amérique nourrie à la dégénérescence et à une certaine indépendance...
Une fois le décor rance et dégueulasse planté (cher au réalisateur fan des films d'exploitation des 70's), le long-métrage nous éloigne radicalement de la sordide maison de la famille Firefly avec une intervention de la police locale dégommant la baraque à grands coups de fusils à pompe et de bombes lacrymo, capturant Mama Firefly (l'improbable Leslie Easterbrook remplace avec brio Karen Black) et laissant en fuite Otis (Bill Moseley, méconnaissable) et sa dégénérée de sœur Baby (Sheri Moon Zombie, toujours impeccable).
Les deux fugitifs, bientôt rejoints par ce clown de Capitaine Spaulding (Sid Haig, qui a depuis le premier volet redoré son blason), arpentent donc les routes tout en s'adonnant comme d'habitude à leurs vices les plus extrêmes, prenant cette fois-ci en otage un vieux groupe de rock. Humiliations, meurtres gratuits et insultes diverses sont donc au programme pour ces cannibales sataniques qui ont à leurs basques un shérif revanchard (l'excellent William Forsythe)...
Rob Zombie délaisse donc complètement l'aspect horrifique du précédent film pour se concentrer sur l'aspect purement viscéral du décor et des "coutumes" locales, préférant dévoiler une nouvelle galerie de personnages décérébrés (allant d'un proxénète et son débile d'acolyte à un vendeur de poulets un peu zoophile) plutôt que de travailler son script, finalement très simpliste.
Réitérant ainsi les mêmes défauts que La Maison des 1000 Morts (excepté pour – soulagement – les passages psychédéliques), le réalisateur a l'air pourtant plus à l'aise derrière la caméra, nous livrant un road movie au final exaltant malgré quelques longueurs et une certaine répétitivité dans l'ensemble.