Au point où on en est, transposer les « Griffes de la nuit » de Wes Craven dans le monde de la sharksploitation, je suis un peu blasé sans doute, mais l’idée m’a amusé. Après tout, on a eu droit aux trucs les plus neuneus dans ce genre cinématographique : des requins zombis pilotés par des SS au parodies nanardesques de Mark Polonia du style « Sharkula » ou « Sharkenstein » ! Ce film de 2018 signé par les Furst Brothers pour Syfy part du principe d’un requin qui attaque des personnes dans leurs rêves. Ces personnes sont recrutées en ligne par un médecin qui souhaite tester un nouveau traitement sur eux ? Rien ne va se passer comme prévu et le médecin s’avère peu respectueux de la déontologie ! L’idée est de remplacer les fameuses griffes en lames de couteaux de ce bon vieux Freddy Krueger par les dents acérées du requin, le tout sur fond de vieille légende hawaïenne…Evidemment Wes Craven était fabuleux et son film continue de hanter mes souvenirs depuis que je l’ai vu au collège (pris au vidéoclub avec mes potes le samedi après-midi !). On a droit ici (heureusement) à la fille qui s’endort dans son bain et voilà qu’un aileron sort de la mousse ! Ça rappellera des souvenirs aux amateurs et amatrices de Freddy.
L’idée de gommer la différence entre rêve et réalité était alléchante mais le manque de moyens est visible, du requin numérique moche aux effets oniriques pas bien soignés. On sent le truc fait à la va-vite, de manière industrielle, comme presque toujours chez Syfy (il faut bien remplir les grilles de programme !). Ce « Nightmare Shark » semble une simili-suite à la fois d'« Atomic Shark », l'un des deux films de 2016 portant ce titre (https://www.senscritique.com/film/atomic_shark/critique/329268904), et de « Trailer Park Shark » (2017). Bobby Campo et Rachele Brooke Smith reprennent leurs rôles de Kaplan et Gina du premier, tandis que Lulu Jovovich et Thomas Ian Nicholas réapparaissent dans les rôles de Jolene et Rob du second. Mouais, bon, celui qui s’en tire le mieux, de la tête et des épaules, sans trop de difficulté, c’est Tony Amendola, dans le rôle du méchant Dr Novak prêt à tout pour faire avancer la science…En vieil habitué des séries B, Amendola fait le job, les autres se débattant pour pas grand-chose. Car on s’ennuie vite, il faut être clair, ça se traîne, les (rares) attaques du squale faisant aussi peur qu’un épisode de « Bonne nuit les enfants ». Le film dure 1h20 mais le ressenti est facilement le double ! Rien de bien notable en dehors de ça. Une production alimentaire qui n’apporte pas grand-chose mais je reste persuadé qu’il y avait quelque chose à creuser là-dedans…