Sans aller jusqu'à prétendre que The Duke s'inscrit glorieusement dans la lignée des grandes comédies britanniques, on peut aisément concéder au film de ne pas avoir trahi la tradition, avec une certaine modestie dans son exécution qui rend assez bien hommage à son héros, un modeste sexagénaire de Newcastle. Roger Michell illustre sans génie mais avec un savoir-faire discret (la reconstitution des années 60) une histoire vraie et étonnante aux fortes résonances sociales, qui ne manque pas de mettre en parallèle le caractère explosif de l'affaire (un vol de tableau à la National Gallery, du jamais vu !) au manque d'envergure de son auteur, que le film, d'ailleurs, s'efforce de nous rendre de plus en plus sympathique au fil des minutes, en finissant presque par le sanctifier et en faisant de lui une sorte de Robin des Bois moderne (un peu exagéré mais de bonne guerre). The Duke, d'un autre côté, insiste un peu trop lourdement sur un drame familial passé qui expliquerait peu ou prou le délit. Cela donne une autre tonalité au film et surtout l'occasion d'étoffer un scénario un peu trop court, sinon. On ne va pas s'en plaindre car cela permet de voir l'immense Jim Broadbent, irrésistible, confronté à la non moins gigantesque Helen Mirren, parfaite même si sous-exposée. The Duke est aux lisières du Feel Good Movie, avec cette touche d'excentricité et d'amoralité (légère) qui en fait un produit éminemment britannique et aisément comestible quoique un tantinet désuet.