The End We Start From de Mahalia Belo est un film passé presque inaperçu lors de sa sortie. C’est regrettable, car il s’agit d’une œuvre d’une grande justesse, discrète mais profondément marquante.
Le récit s’ouvre sur une maison isolée à la campagne. La pluie tombe sans relâche — non pas une simple averse, mais un véritable déluge. À l’intérieur, une femme attend. Elle est seule, enceinte, à l’aube d’un accouchement imminent. Dehors, l’eau envahit le monde ; dedans, une vie s’apprête à naître. D’emblée, le contraste est saisissant : au chaos des éléments répond l’intime fragilité de la maternité.
On pourrait classer ce long métrage dans la catégorie du « cinéma catastrophe » ou du « post-apocalyptique ». Pourtant, il se tient à distance des codes habituels du genre. Ici, nul déferlement d’effets spéciaux ni spectaculaire démonstration de destruction massive. Le film choisit une autre voie : celle de l’intimité. Il raconte le combat obstiné d’une femme pour protéger son enfant, préserver les siens, et tenter, au cœur du désastre, de maintenir le fil ténu qui relie encore les êtres.
Cette intensité doit beaucoup à l’interprétation bouleversante de Jodie Comer. Habitée, vulnérable et farouche à la fois, elle porte le film avec une force silencieuse, donnant chair à une héroïne ordinaire confrontée à des circonstances extraordinaires.
Œuvre sensible et épurée, The End We Start From est un film à découvrir, même en l’absence de version française. Car au-delà des mots, il parle un langage universel : celui de la peur, de l’amour et de la résilience.