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Devoir de mémoire
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le 3 juin 2021
The Father, comme son titre l'indique, est un père. Anthony Hopkins y garde son prénom comme pour embrasser pleinement la dérive psychologique de son personnage tout en soulignant indirectement qu'en tant qu'acteur, sa mémoire (et son talent) ne lui font pas défaut.
Tiré de la pièce de théâtre du même nom, le film se joue à huit-clos, un huit-clos sur deux tableaux puisqu'il prend place à la fois dans un appartement et au sein même de la perception vacillante d'Anthony. Le vieil homme, à la fois malicieux et incisif, blessant ou doux selon ses humeurs, va doucement voir son quotidien se transformer pour petit à petit nous enfoncer dans un maëlstrom spatio-temporel ou les lieux et les visages sont interchangeables et le temps, petit coquin, est une playlist en mode shuffle ou repeat.
C'est habile voir intriguant de simplicité et après une brève interrogation, nous comprenons que nous serons nous aussi pris au piège des défaillances de cet homme. De là, l'éventail des possibilités rend cette dérive de l'esprit à la fois inquiétante et perturbante. L'absence de linéarité dans le quotidien, les évidences hasardeuses, l'incapacité à se fier à sa propre perception sans pour autant en prendre conscience, tout cela contribue à nous rendre perpétuellement attentif, comme pour tenter de combler les lacunes naissantes de cet homme. Là où d'autres films ont pu jouer la carte du fantastique sans pour autant démériter (je pense à Relic), Florian Zeller s'accroche au quotidien de son personnage et de ses proches pour simplement retranscrire cette perte progressive de repères.
The Father est une réussite car il sonne juste en nous montrant à travers les yeux d'un homme, la vieillesse et ses plus tristes conséquences. Anthony Hopkins y est aussi touchant qu'irritant, assuré et dépourvu, pudique et exubérant, à la mesure de son homonyme, incapable de suivre le fil de sa propre vie, compromise par une réalité fuyante.
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le 28 mai 2021
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