Au départ, Rezan Yeşilbaş voulait réaliser un documentaire et dresser le véritable portrait de ce vendeur de boulettes de viande, quelque part dans le Kurdistan turc, dont l’obsession était de voler en parapente. L’histoire est finalement devenue un film de fiction, tournée dans la région natale du cinéaste. Outre les scènes d’entraînement, nombreuses et passablement répétitives, marquées également par les nombrables obstacles rencontrés, notamment avec la police, The Flying Meatball Maker trace le portrait d’un homme obstiné, dont on ne nous explique pas vraiment les motivations, si ce n’est sans doute celle d’être libre. Il y en a même qui l’ont vu voler et, justement, c’est une vraie source de problèmes, avec une réputation entachée, en particulier dans sa propre famille, qui compte deux enfants. Quand le film abandonne l’idée fixe de son héros, il en devient largement plus passionnant, avec une épouse certes compréhensive, mais agacée quand même par les lubies de son mari, gentil, mais égoïste, dont les aventures incompréhensibles sont largement commentées et méprisées dans sa propre famille à elle. The Flying Meatball Maker doit sans doute se lire sous sa forme symbolique, pour le désir de liberté dans un pays soumis à bien des restrictions, mais la mise en scène, paradoxalement très terre-à-terre, n’aide pas vraiment le film à s’envoler.