Le problème avec la colère au cinéma, c’est qu’elle est souvent utilisée comme un raccourci. Un personnage crie, frappe plus fort que les autres, regarde dans le vide avec un air tourmenté, et le film considère que le travail est fait.
The Furious passe parfois tout près de ce piège, mais il réussit à l’éviter suffisamment souvent pour rester intéressant.
Ce que j’ai apprécié, c’est que le film comprend que la rage n’est pas seulement une émotion spectaculaire. C’est aussi quelque chose qui use, qui déforme et qui finit par enfermer ceux qui la portent. Derrière son rythme nerveux et ses scènes les plus explosives, il y a une vraie volonté de montrer ce que cette colère coûte aux personnages.
Tout n’est pas parfaitement maîtrisé. Certaines séquences semblent davantage pensées pour provoquer une réaction immédiate que pour faire avancer le récit. Mais paradoxalement, cette part d’excès correspond assez bien à l’identité du film. The Furious est parfois maladroit, parfois excessif, mais rarement froid ou calculé.
Et c’est peut-être ce qui m’a le plus plu. À une époque où beaucoup de productions paraissent fabriquées selon une formule précise, celui-ci donne l’impression d’avoir du sang dans les veines. Il trébuche parfois, mais il avance avec une conviction que je préfère largement à une perfection sans âme.
Je ne suis pas certaine que je reverrai The Furious. En revanche, je suis certaine d’une chose : il m’a laissé quelque chose de plus intéressant qu’une simple scène d’action réussie. Il m’a rappelé que la colère peut être un moteur puissant, mais qu’elle finit presque toujours par présenter l’addition.