Donc ! The Furious (Kenji Tanigaki).
Franchement, au niveau mise en scène de l'action, gestion de l'espace et du rythme, utilisation de l'environnement et des corps, chorégraphies martiales de malade mentale, c'est super super haut.
La cinématographie et le montage sont d'une efficacité redoutable et d'une lisibilité extrême. Lisibilité. LISIBILITE !!
Même les effets d'accélération et de ralenti sont bien utilisés. Même l'alternance de plans séquences assez longs pour le genre et de jump cuts est bien utilisée !
Même le peu de shaky cam est bien utilisé.
L'incarnation physique est incroyable. Et douloureuse. On ressent la douleur.
Filmer ces chorégraphies de dingue, avec une caméra très mouvante et dynamique a dû être aussi épuisant et compliqué que les jouer.
Iconisation des personnages impeccable. Des méchants très méchants, des gentils un peu méchants, des enfants innocents mais un peu méchants quand même.
Chacun avec sa spécialité martiale (arc, machette, marteau, shotgun, etc...), évidemment. C'est la base.
Au niveau scénar', c'est réduit à sa plus simple expression : protéger ses proches, tuer les méchants. Méchants pas contents, tuer les gentils. Vengeance et contre-vengeance.
Alors ça, ça ne me pose aucun problème. C'est un peu la base du film de pif-paf hongkongais. Le contraste entre un scénario minuscule et une incarnation dantesque.
Mais, si je devais apporter une critique, je dirais qu'il y a une première partie où on laisse entrevoir au spectateur un développement des personnages, de l'univers et de certains thèmes ; alors qu'en fait, plus le film avance, plus il tombe dans la surenchère et l'hystérie. Ce n'est pas forcément un mal, mais ça donne de faux espoirs.
A titre de comparaison, je me sens obligé de faire référence à City of Darkness, parce que c'est hongkongais, parce que c'est récent, parce que c'est un film de baston, mais ça contenait beaucoup plus de thèmes, tous assez bien développés.
Ici non. C'est de la sauvagerie à l'état pure (et je mesure ce mot, jamais je n'ai vu à l'écran un tel niveau de sauvagerie martiale) du début à la fin, de façon exponentielle.
Donc non, je ne vais pas dire que c’est “le meilleur film de baston de tous les temps”, parce que cette formule est grotesque. Mais en termes de lisibilité, de sauvagerie physique, d’exploitation de l’espace et de chorégraphie martiale pure, c’est dans le très très haut du panier contemporain.