Je crois bien que je n'avais jamais revu The Gate depuis sa sortie en salles en 1987 qui d'ailleurs ne m'avait pas laissé un impérissable souvenir et même un sentiment plutôt négatif. C'est donc avec plaisir que j'ai redécouvert le film de Tibor Takács car sans aller jusqu'à dire que le film se bonifie avec le temps il a désormais un certain charme, celui d'une bonne série B à regarder avec un brin de nostalgie et un regard bienveillant.
The Gate La Fissure raconte l'histoire d'un trou dans un jardin causé par la chute et le déracinement d'un arbre. De ce trou vont s'échapper des créatures et des forces maléfiques que vont tenter de combattre un gosse aidé de sa sœur adolescente et de son meilleur ami.
A la fin des années 80 le réalisateur d'origine hongroise Tibor Takács pouvait encore prétendre à une chouette petite carrière dans l’univers du cinéma de genre avec The Gate La Fissure et sa suite The Gate II et surtout Lectures Diaboliques qui recevra le grand prix du festival d'Avoriaz en 1990. Malheureusement pour lui il va ensuite sombrer dans les tréfonds de la série Z en DTV et finir par réaliser des téléfilms de Noël , autant dire qu'il est tombé dans la fissure de l'oublie. Mais revenons à The Gate son tout premier film qui sort donc sur les écrans en 1987 et qui propose une sorte de film d'horreur familiale (ce que j'avais détesté à l'époque) et un divertissement que j'ai donc redécouvert avec plaisir d'autant plus que certains des éléments qui m'ont séduit aujourd'hui ne pouvait carrément pas exister hier. Tout d'abord celui qui n'était qu'un gamin anonyme et débutant en 1987 est devenu le Stephen Dorf et c'est toujours amusant de revoir les premiers pas hésitants d'acteurs et actrices qui ont dépassé le statut d'enfant star et qui ont réussi à faire carrière. Second point positif avec les chouettes effets spéciaux en stop motion qui ont gagné au fil du temps un sacré charme, même si la grosse bébête finale est toujours assez pourri les petites créatures grouillantes sont tout bonnement géniales et je ne me lasserai jamais des séquences avec le bras qui tombe et se transforme en vers grouillant et bien sûr la chute du mort vivant qui devient ses petites créatures semblant sortir de l'imaginaire de Ray Harryhausen. Et puis il y a un petit détail qui m'aura beaucoup fait rire c'est que l'une des insupportables adolescentes copines de la sœur du héros à une coupe de cheveux bizarre avec une mèche dressée toute droite sur le front qui m'aura fait penser (esprit tordu oblige) à Cameron Diaz dans Mary à Tout Prix.
Quant au film lui même il est clair qu'il ne raconte rien de bien palpitant et que sa longue et laborieuse mise en place de près de 45 minutes ne plaide guère en sa faveur surtout pour le peu que ça raconte. En revanche une fois lancé sur ses rails de petit train fantômes pour gamins le film est plutôt efficace avec ses chouettes créatures, son mort vivant sorti des murs et ses effets spéciaux réussis comme avec le visage du père qui fond comme de la cire. On ne s’ennuie pas (disons plutôt on ne s'ennuie plus) et le trio composé des deux gosses et de la grande sœur courageuse fonctionne parfaitement dans une ambiance fantastique et horrifique très bon enfant mais amusante.
The Gate La Fissure n'est sans doute pas meilleur que lors de sa sortie sur les écrans de cinéma en 1987, mon regard en revanche est sans doute plus indulgent et nostalgique sur ce petit film d'horreur familiale très bancal mais fort divertissant.