Sous couvert d'un film d'action sur une partie de la vie de Yip Man, Wong Kar-wai propose à nouveau une relation d'amour contrariée, entre ce maitre en arts martiaux et Gong Er, une jeune femme maitrisant un art martial, mais qu'elle sait condamnée par la maladie.


On voit bien que ce ne sont pas les scènes d'actions en elle-même qui intéressent le réalisateur, car il pousse presque la caricature jusqu'à une forme de stylisation très poussée. Entre le premier combat de Yip Man sous la pluie ou celui sur un quai de gare, où il y a énormément de ralentis, c'est souvent sublime, on voit la décomposition des gestes, les gouttelettes tomber sur le chapeau du maitre, ou la neige se soulever lors d'un coup de pied. Il y a même une technique reprise de films de John Woo (dans sa première période Hong-Kongaise) où l'action accélère et ralentit dans le même plan.


On l'aura compris, il est souvent question du beau dans The Grandmaster, y compris dans la relation entre Yip Man et Gong Er, mais qui reste platonique, où les mots sont plus forts qu'une étreinte. La dernière scène,ou plutôt le monologue de Zhang Ziyi est à ce titre magnifique, ne laissant à Tony Leung que le silence en guise de réponse.
Wong Kar-Waï est ici du côté de la femme, c'est limite si il s'intéresse plus à elle qu'à Yip Man, dans l'évolution de sa destinée, dans ce qu'elle laissera dans l'histoire des arts martiaux. L'aspect politique, l'invasion japonaise, est en fond et est assez peu évoqué.


Après, je n'ai pas vu la trilogie Ip Man, avec Donnie Yen, donc je n'avais pas les clés de compréhension du personnage. Yip Man, qui fut le maitre et mentor de Bruce Lee (qu'on voit tout jeune à la fin du film), est un personnage extrêmement connu à Hong Kong, peut-être est-ce pour cela que Wong Kar-Wai s'est épargné un aspect biographique, il raconte ici un instant de la vie de ce combattant.
Mais il faut tout de même prévenir que les combats ne sont pas le cœur du film, c'est la lutte des sentiments dans une période opprimée qui prime, mais avec un visuel magnifique.

Boubakar
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le 10 déc. 2016

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