5
le 17 févr. 2025
SuivreDe l'huile sur le feu
Le cinéma contemporain s'intéresse de plus en plus à ce qu'il se passe dans les cuisines des restaurants, vues comme un microcosme de la société tout entière où, le temps de l'heure de pointe, se...
🔴Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes : https://youtu.be/2ED1cHNbEHs
👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun !🔴
C'est un vacarme. Une cuisine enragée, où l’acier cogne, les voix crient, les corps s’usent. The Grill (La Cocina) d’Alonso Ruizpalacios, c’est l’Amérique vue depuis la trappe à détritus d’un fast-food de Manhattan.
Ici, tout suinte la tension : les murs, les gestes, les regards. Et le film veut qu’on suffoque avec eux, caméra collée aux pores, bande-son percussive, rythme cardio. C’est parfois brillant, parfois pompier. Un plan-séquence, c’est bien, mais quand il devient gimmick, on décroche. Il y a dans cette mise en scène quelque chose de frénétique, presque hystérique, comme si le film avait peur qu’on s’ennuie.
Mais ce n’est pas l’ennui qui guette, c’est la distance. Ruizpalacios sait créer la forme — il l’aime trop, peut-être. Ce chaos visuel finit par écraser ce qu’il prétend montrer : la condition des travailleurs invisibles, l’exploitation qui use et jette. On entrevoit des destins, mais rien ne s’ancre vraiment. On sort frustré, à moitié rassasié. Comme après un burger tiède.
Rooney Mara, elle, joue le rôle du témoin, la spectatrice perdue dans le tumulte, et si son personnage semble flotter à côté de l’intrigue, c’est peut-être voulu. Son regard dit plus que ses répliques. Face à elle, Raúl Briones incarne la colère contenue, le type à bout de nerfs, qui pourrait exploser ou s’effondrer à tout instant. Dommage que le film ne lui laisse pas plus d’espace pour qu’il respire.
Il y a des fulgurances, oui. Des idées. Un vrai propos. Mais noyé dans le bruit. Le film veut dénoncer, secouer, faire transpirer. Il y parvient parfois. Et puis ça retombe, comme une pâte trop travaillée. On aurait voulu une tragédie poignante, on a un ballet désarticulé.
Alors, 6/10. Parce que l’effort est là, parce que ça bouscule. Mais parce qu’on ne peut pas juste crier pour se faire entendre. Parfois, il faut aussi écouter.
Créée
le 8 avr. 2025
Critique lue 104 fois
5
le 17 févr. 2025
SuivreLe cinéma contemporain s'intéresse de plus en plus à ce qu'il se passe dans les cuisines des restaurants, vues comme un microcosme de la société tout entière où, le temps de l'heure de pointe, se...
9
le 1 déc. 2024
SuivreLe nouveau film d’Alonso Ruizpalacios, La Cocina, est le film que nous ne savions attendre : une exploration éblouissante d’une journée dans la vie de la crise des migrants que les mondialistes ont...
7
le 18 mars 2025
SuivreJ’avais déjà vu le film mais dans de très très mauvaises conditions en septembre et son souvenir m’avais laissé perplexe. J’ai décidé de lui redonner une chance et j’ai bien fait parce que je n’avais...
6
le 28 mai 2026
SuivreAu départ, L’Objet du délit ressemble à un film très simple. Une accusation éclate pendant la préparation d’un opéra, les tensions montent, chacun doit prendre position. Mais plus le film avance,...
3
le 17 mars 2025
Suivre_____Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes: https://youtu.be/sSVYyyi2ZPU👉 Et s'abonner à cette chaîne Youtube où je publie régulièrement ces articles, pour n'en rater aucun ! ...
7
le 15 avr. 2026
SuivreIl y a des périodes qui ne s’oublient pas. Pas parce qu’elles étaient belles. Mais parce qu’elles étaient floues. Juste une illusion, c’est exactement ça. Un souvenir qui tremble. Nous sommes en...
SensCritique dans votre poche.
Téléchargez l’app SensCritique.
Explorez. Vibrez. Partagez.



À proposNotre application mobile Notre extensionAideNous contacterEmploiL'éditoCGUAmazonSOTA
© 2026 SensCritique
Thème