La demeure des otages (référence au titre de la VF), c'est le Foreign Office de Londres, où de simples diplomates ou fonctionnaires comme Maurice Castle peuvent, sans qu'il leur soit besoin d'avoir l'activité spectaculaire d'un James Bond, se retrouver les sujets d'une intrigue d'espionnage ordinaire.
Le titre original "The Human factor" indique mieux les contingences affectives à cause desquelles le même Castle est rattrapé par son passé de diplomate dans l'Afrique du Sud de l'Apartheid.
L'originalité du dernier film d'Otto Preminger (et du roman de Graham Green dont il est issu) est précisément de se consacrer à une intrigue anodine, dénuée de l'action animée, de l'exotisme courant (hormis deux ou trois flashback africains) et des figures typées que recouvre généralement l'espionnage au cinéma. Ici, tout se passe sans éclats, dans le cadre feutré d'un ministère dont Preminger montre très simplement le fonctionnement terne et cloisonné. Les intentions et le but du scénario, d'abord incertains, se précisent progressivement et l'absence d'une action échevelée ou d'un suspense intense ne nuit pas à l'intérêt qu'on porte au sujet en ce qu'elle favorise la justesse des personnages humbles, au sens où ils ne sont pas plus héroïques que crapuleux.