Si The Killer a représenté pour toute une génération et une bonne partie des suivantes la porte d'entrée du polar HK, ce n'est pas par hasard.
The Killer est à la fois un film seminal qui sera copié et inspirera tout un pan du film d'action mondial pendant deux décennies et dont l'influence peut encore se voir aujourd'hui, mais aussi une œuvre si singulière, si pécifique et personnelle au réalisateur qui en porte la paternité, que personne n' a vraiment pu s'accaparer sa substantifique moelle.
Avec The Killer, John Woo, même s'il s'inspire également de nombreux film, dont Le Samouraï de Melville n'est pas des moindre, developpe une personnalité fllmique qui lui appartient en plein et dépasse ses influences pour devenir une œuvre totalement personelle, une sorte de manifeste de son cinéma.
On y trouvera une action frénétique et opératique; une volonté lyrique, melodramatique et romantique jusqu'à l'outrance qui cherche à se détacher volontairement de toute notion réaliste pour proposer quelque chose de bien plus proche du Wu Xia Pian légendaire mais avec des flingues; ou de la tragédie grecque voire Shakespearienne que tout autre chose.
Woo grossit tous les traits et s'ancre volontairement dans la démesure à presque tout les niveaux: gunfight chorégraphiées à l'extrème, sens de l'honneur et du devoir exacerbés, figure de l'amour romantique dfirectement issue des grands archétypes qu'on trouve dans les récits de chevalerie.
Tout cela est si poussé que certains spectateurs pourraient ne pas adhérer à cette vision jusqu'auboutiste et personelle..
La mise en scène elle aussi n'hésite jamais à être fortement appuyée dans ses effets Mais si dans d'autres mains, tout cela pourrait paraître ridicule à force d'en faire tant, Woo parvient à imposer ses décisions et donner à tout cela une saveur et une signature qui lui est propre et n'appartiendra jamais qu'à lui.
C'est une œuvre passionnée, romantique, mélancoliques, tragique et nostalgique, mais aussi traversée de part en part par une imagerie et une philosophie influencée à l'évidence par le catholicisme et par la notion de rédemption(Ah Jong vivra un vrai chemin de croix et deviendra une figure christique pour assurer sa rédemption et celle de Jenny) que John Woo donne à voir à ses spectateurs.
Une œuvre si fondamentale, si marquante et si singulière quelle a fait naître John Woo à l'international, a révélé Chow Yun Fat, a influencé deux générations de cinéastes et de spectateurs et a redéfini tout un genre à elle seule.
The Killer dépasse le simple cadre d'un film d'action pour devenir une oeuvre d'art parcourue par un esprit à la fois antique et en accord avec son temps, à la fois moderne et désuète, à la fois contemplative et survitaminée, remplie des paradoxes de son cinéaste, engendrant une fascination et des réactions à son égard qui seront à son image:: parfois violentes, parfois contrastees, mais toujours passionnées.