Si le tremblement de terre et le tsunami sont traités de manière elliptique, ce sont davantage les ravages sur la communauté d'une petite bourgade artificiellement scindée en deux que ce film intimiste et universel, doux et violent ausculte sur un mode opératique qui donne naissance à de nombreuses scènes émouvantes et dévastatrices comme autant de tableaux où trois couples errent dans les décombres et les ruines. Il est très intéressant pour nous Occidentaux de voir l'attitude fataliste et résignée des japonais, qui agissent avec une dignité et un courage exemplaires. Le film montre aussi comment la promesse d'une nouvelle vie doit être accomplie, y compris dans l'exil sans espoir de retour et la séparation définitive. Avec infiniment de délicatesse et de mélancolie, le film véhicule un tsunami d'émotions et de sensations, sans recherche d'effets. Le dérèglement des vies bousculées et les phobies qu'il fait naitre n'ont pas besoin de tapage ni de grandiloquence. La beauté paradoxale de paysages sépulcraux et désertés contribue au lyrisme poignant de l'ensemble, porté par le concours de personnages forts et attachants.