Si je trouvais Longlegs raté par bien des aspects, je ne pensais pas que la récidive de Oz Perkins toucherait de tels fonds de nullité. On a même pas le droit à l’ennui poli que l’on attendait, The Monkey enchaînant les réactions épidermiques de mauvaise augure dès son commencement.
Pourtant l’introduction avec Adam Scott laissait penser qu’on pourrait retrouver une mécanique ludique de la mise à mort, celle d’un Final Destination : basse du front, potache, mais jouant suffisamment avec les attentes du spectateur pour le garder engagé. Mais non, si le premier décès penche effectivement timidement dans ce sens, la suite ne se contentera que de montrer des finalités, vaguement sanguinolentes, sans jamais prendre le temps de mettre en place les dominos que l’on voudrait faire tomber. Et quand il y a un domino sur le tapis, ses effets sont illisibles dans la géographie des lieux…
Mais ce n’est pas le pire. Non, Oz Perkins fait montre d’une stupidité rare dans son écriture, loin de la nouvelle et du style de Stephen King. Si on retrouve bien les bullies habituels du maître de l’horreur, le reste n’est qu’accumulation de poncifs éculés (pitié, le père qui est parti chercher un paquet de cigarette et n’est jamais revenu… Les Simpson faisait déjà cette blague dans les 90s). Tous les dialogues, toutes les relations, sont complètement artificielles, comme si Perkins n’avait jamais communiqué avec un autre être humain.
Et le premier acte qui se passe au crépuscule des années 90? Complètement anachronique dans les décors, les costumes et la bande-originale. Un fourre-tout atemporel qui n’a pas lieu d’être si ce n’est tenter de créer un décalage. Un décalage qui voudrait servir un humour noir. Sans doute le pire est-il ici. Dans cette tonalité extrêmement gênante qu’on dirait sortie de l’imagination d’un collégien rebelle, le même qui, comme le jeune frère, porte des chemisettes noires ornées de flammes. On passe de soupirs en grincements de dents alors que ce qui voudrait passer pour des blagues nous fait nous taper le front du plat de la main. Comme ce prêtre maladroit ou cet Elijah Wood charlatan venu encaisser un chèque sans honte.
Même les quelques jumpscares putassiers sont à côté de la plaque, offrant un magnifique décalage entre le son et l’image.
Rien ne va dans The Monkey. Une purge rare que je n’attendais pas.