Un couple quitte les Etats-Unis pour l'Angleterre et des rêves de grandeur qui ne se réaliseront pas vraiment. Voilà pour l'histoire, qui n'est qu'un détail dans notre affaire.
Il existait, à une époque pas si lointaine, une profession qui transformait les films, savait sublimer la médiocrité pour se substituer parfois à des réalisateurs hésitants. Cette profession était celle de directeur de la photographie. Des Nestor Almendros ou autres Darius Khondji ont marqué de leur empreinte l'histoire du cinéma.
Aujourd'hui, les caméras sont hyper sensibles, capables de capter la moindre ombre, le moindre rayon de lumière. Et les réalisateurs de croire qu'ils peuvent se passer de directeur de la photographie, ou d'embaucher des faire-valoir.
Les séries ressemblent toutes, aujourd'hui, à Derrick, beiges, fadasses. Et la tendance s'étend au cinéma. The Nest est, à ce titre, remarquable dans cette intention et cette illusion que le numérique se suffit à lui-même.
Dès les premières minutes, le spectateur comprend le calvaire qu'il va subir. Acteurs de dos, dans le noir, en contrejour... Tout est là, magnifié dans l'inconséquence visuelle. Le film est sombre et seule les images d'architecture semblent maîtrisé. Un mépris des acteurs, du public, du scénario, qui rend la tentative inconséquente. Car l'histoire, banale, aurait pu tenir si un réalisateur, un directeur de la photographie, une idée de mise en scène avaient émergé. Rien de tout ça n'est au rendez-vous pour ce remarquable acte manqué.