Ce n'est jamais très bon signe, à la fin d'une projection, de se demander quel était donc le sujet du film que l'on vient de voir. The Nest, le deuxième long-métrage de Sean Durkin, évoque les illusions des années 80, traite de l'effondrement d'un mariage, aborde la question de l'arrivisme social mais peut aussi être pris pour l'histoire d'un manoir britannique hanté ... par le propre mal être de ses occupants. Tout cela au fil d'un scénario qui plante le décor pendant une bonne quarantaine de minutes, avec un certain goût pour la banalité, dans l'exposition du quotidien d'une famille qui vient de quitter New York pour Londres, avec l'idée (du père) de faire plus d'argent encore. Oui, c'est le manoir aux alouettes, et si le film s'anime enfin au bout d'une heure, il n'en reste pas moins plutôt anodin, la critique du capitalisme se terrant derrière des destinés individuelles, qui ne font ni chaud ni froid. Tout aurait pu (peut-être) se révéler différent si The Nest avait accordé plus de place au personnage le plus intéressant, celui de la mère, au lieu d'essayer d'embrasser tous les points de vue de cette famille. La petite touche de fantastique, qui apparait parfois, n'est en tous cas guère aboutie, cherchant à créer une atmosphère anxiogène qui ne parvient pas à s'installer. Les interprétations de Jude Law et surtout de Carrie Coon parviennent un peu à dépasser la léthargie ambiante mais sans pour autant décongeler un film aussi morose qu'un banquier londonien les jours de fermeture de la bourse.