L'eau a coulé sous les ponts depuis la Caméra d'or glanée en 2009 par le réalisateur australien, d'origine aborigène, Warwick Thornton, avec Samson & Delilah. Hormis un vrai faux western, Sweet Country, le cinéaste s'est fait plutôt discret avant que Cannes ne l'accueille de nouveau avec The New Boy. Un objet étrange, en vérité, qui raconte l'arrivée d'un garçon aborigène dans un monastère isolé, au milieu du désert, qui accueille et éduque des jeunes gens perdus, dans la foi catholique. La confrontation avec ce "sauvage" mutique qui ne respecte aucun code de l'établissement et semble maîtriser certaines pratiques magiques est traitée de manière raffinée ou bien affectée, c'est selon les goûts de chacun. Toujours est-il que Jésus, sur sa croix, va jouer un rôle dans l'évolution du jeune garçon sans que l'on sache bien si le film dénonce l'acculturation du peuple indigène ou plaide au contraire pour un certain syncrétisme religieux. Warwick Thornton, dans une dernière partie démonstrative, semble oublier toute subtilité pour enfoncer le clou (normal lorsqu'il est question du Christ) d'une histoire qui reste cependant, et volontairement ambiguë, à la limite du grotesque. Ce qui est certain, c'est que le jeune Aswan Reid, charismatique en diable, vole littéralement la vedette à une Cate Blanchett,très sobre.