Jamais sorti en France (du moins au moment où j’écris ces lignes) le deuxième long métrage de Jennifer Kent est plus qu’un très bon film, un véritable petit chef-d’œuvre.
Certes, la fiction américaine n’a pas attendu les mouvements Me Too et Black Lives Matter pour s’emparer de l’injustice sociale, raciale et sexuelle qui fonde une communauté (Antebellum étant le dernier en date), mais fort peu sont allés aussi loin que l’australienne pour raconter ce genre d’histoire. Or, c’est cette fois sur l’île de Tasmanie, colonisée à l’époque par les britaniques, qu’une jeune irlandaise, à qui rien aura été épargné, décide de retrouver ses agresseurs... grâce un arborigène. Le parcours du combattant de la jeune femme s’avère d’une impressionnante cruauté et d’une rare violence. Mais la réalisation très à fleur de peau de la cinéaste, réaliste et quasi-immersive, accentue encore l’expérience, éprouvante pour son héroïne (Aisling Franciosi, superbe)... et bouleversante pour son spectateur. Une évidente réussite !