Un clan matriarcal se réunit à chaque nouvel an dans son palais, au milieu d'un nulle part enneigé. La mort de la fiancée du fils de la cheffe de famille marque le début d'une époque turbulente. Le film de Renata Litvinova est présenté comme un conte de fées gothique, baroque, décadent et romantique, autant de qualificatifs auxquels on peut ajouter celui de déstabilisant, tant il est difficile de trouver ses repères dans cet opéra parfois grandiloquent et à la limite de l'hystérie. Visuellement stupéfiant, aussi, il faut l'admettre, avec une atmosphère qui tient autant de Tchekhov que de Shakespeare, en y ajoutant une pincée de bizarreries que n'aurait pas renié Peter Greenaway, un réalisateur pour lequel Renata Litvinova a joué. Le film n'appartient pas vraiment au genre fantastique, même si 13 coups sonnent à minuit dans ce palais où se déroule la majorité des scènes et situé quelque part vers l'Alaska, ou pas. Dans cette fresque qui assume sa grande part de grotesque, Renata Litvinova, encore elle, se taille la part du lion dans un rôle de matriarche qui ressemble à une sorte de mante religieuse, en plus onctueuse, sophistiquée et méchante.