The Outrun est adapté des mémoires d'Amy Liptrot, écrivaine du même âge que la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt qui s'est reconnue elle aussi dans le personnage de Rona, et cette lutte entre l'alcoolisme et la puissance de la nature.
La performance majuscule de Saoirse Ronan aide, mais ce qui m'a plus est qu'on peut tous se reconnaître dans ce personnage qui a touché le fond et cherche à se reconstruire en retournant sur ses terres. Sauf que les terres de Rona sont parmi les plus isolées du monde, et le combat contre sa propre faiblesse n'augure pas d'une réussite certaine.
Alors pourquoi parler de feel good movie ? La colorimétrie bleutée du film, forcée par l'obscurité des îles Orcades contraste avec les jaunes habituels du feel good. La musique électronique indépendante n'est ni déprimante, ni très joviale, jusqu'à cette scène magnifique où elle se confond avec la tempête se brisant sur les falaises. Nora ne sourit qu'une fois dans le film, lors de la dernière scène, et en hors champ, ce qui met un terme précis à sa dépression. La fin n'est donc pas aussi atroce qu'un Requiem For a Dream.
Et d'ailleurs la fin n'est pas importante. Ce qui importe, c'est le combat. Ce qui importe, c'est la puissance de la nature face au capharnaüm de la ville, c'est le poids de l'hérédité et du silence, la défaite des démons intérieurs et la solitude de la lutte. Et donc, ce qui fait qu'il s'agit d'un feel good movie, c'est l'identification à un personnage qu'on voit doucement remonter la pente.
Un fois The Outrun fini, j'ai pensé à 500 Days of Summer, ce film 100% déprimant. Pourtant, il suit une sorte de chemin semblable, où la lutte (cette fois-ci pour l'amour) est avant tout interne. Peut être est-ce pour çà que certains le voient comme un feel good movie.