The Palace
3.7
The Palace

Film de Roman Polanski (2023)

Depuis le triomphe de J'accuse, sa pluie de César, les ennuis se sont paradoxalement développés pour Roman Polanski, à tel point que pour The palace, il n'a eu aucun financement français, il a dû se tourner vers l'Italie et la Suisse pour faire ce qui est sans doute son plus mauvais film. Je pensais que D'après son histoire vraie ne serait pas détrôné, mais là....

L'histoire est au fond assez simple, à savoir une cohorte de gens riches et de célébrités qui viennent célébrer le passage à l'an 2000 dans un célèbre palace de Gstaad.


Je peux comprendre les intentions de Roman Polanski (et de son coscénariste Jerzy Skolimowski), à savoir dépeindre par la moquerie ces gens obèses de leur propre argent, qui vivent comme des oligarques, à sa bâfrer comme des porcs, donnant l'impression de vivre en vase clos à la façon des films de Ruben Ostlund, auquel le film fait un peu penser, mais que le résultat est pénible à voir.

On sait que Polanski a eu toutes les peines du monde à trouver un casting qui veuille jouer devant sa caméra malgré l'aura de scandale qui pèse sur lui, et là, ça sent la seconde division, avec un Mickey Rourke ridicule qui fait penser à un Patrick Juvet qui n'arrive plus à articuler tant son visage est déformé, Fanny Ardant qui en fait des caisses ou Sydne Rome (qui joua cinquante ans plus tôt pour Quoi ? du même réalisateur) qui a l'air figée. Seul John Cleese est arrivé à me faire sourire dans le rôle de cet homme richissime qui est mariée avec une femme bien (bien bien) plus jeune que lui, et dont on devine que les intentions de cette dernière ne sont pas vraiment sentimentales, quitte à verser dans l'humour noir. Les scènes entre eux sont peut-être celles qui m'ont arraché un tant soit peu de sourires dans cet océan de consternation, bête et vulgaire, jusqu'à faire intervenir un pingouin tout en CGI. D'ailleurs, il faut également souligner la grande laideur de l'image, du numérique lissé, ainsi que les quelques plans d'extérieur qui sonnent faux, et sentent le studio à plein nez.


Après le formidable J'accuse, c'est un peu la sidération qui prédomine devant ce film de carrière, mais qui sonne aussi comme un gigantesque doigt d'honneur de Polanski, afin de clore tout ça dans ce bordel géant, mais surtout gênant.

Boubakar
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le 15 juin 2025

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Boubakar

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